DR

Une comédie de bureau jamais drôle et engluée dans son génial concept.

Dans la masse de plus en plus gigantesque des séries consacrées aux super-héros en tout genre, Powerless s'annonçait comme une joyeuse originalité. Une super-comédie ingénieuse et jubilatoire. Force est de constater, après avoir vu le premier épisode (lancé hier soir sur NBC), qu'on est loin du compte !

Powerless, c'est l'histoire d'Emily Locke, une jeune provinciale idéaliste, qui débarque à Charm City, pour travailler chez Wayne Security, une filliale du groupe Wayne (oui, le fameux, basé à Gotham). Son business : fabriquer des objets capables de protéger les simples gens (ceux qui n'ont pas de pouvoirs), dans un monde où les affrontements entre super-héros et super-vilains sont quotidien. Comment éviter de se faire écraser par un bout de building ? Ou comment se mettre à l'abris avant que le terrible Jack-O-Lantern ne balance ses boules de feu un peu partout ? C'est le job de la petite Emily jolie et de son équipe de geeks un peu tordus...

Oui, sur le papier, l'idée était brillante. À l'image de son malicieux générique (qui reprend des couvertures de comics en focalisant sur les petits anonymes qui se cachent au second plan), Powerless paraissait être un super-concept, pour s'amuser furieusement avec les innombrables super-séries qui envahissent le petit écran depuis quelques années. Une façon inédite de traiter le sujet, en ouvrant grand les portes à un peu d'excentricité.

Sauf que la série a complètement manqué son décollage et c'est impuissant qu'on découvre ce premier épisode, franchement pénible à regarder. Un pilote d'abord affaibli par la Kryptonite de toutes les nouvelles séries : un script visiblement réécrit, encore et encore, jusqu'à n'avoir finalement plus aucune âme ni sagacité. D'ailleurs, à l'origine, Powerless devait se dérouler dans le monde des assurances et Emily devait être une experte en sinistres, totalement déprimée par les énormes remboursements que son entreprise devait verser, jour après jour, à ses clients victimes des dommages collatéraux des super-bastons. Trop compliquée pour le public des Networks, l'histoire a été malaxée et reformatée. Désormais, l'héroïne fabrique donc des gadgets pour protéger la population...

DR

Soit. Ca pourrait être drôle. Mais ça ne l'est pas. Parce que auteurs de Powerless, autant que les employés de Wayne Security, font preuve d'un super-manque de créativité assez déconcertant. Les répliques n'ont aucune saveur et à la place du ton mordant qu'on espérait, la série a opté pour des dialogues niais et sentimentalistes. Le résultat est une super-comédie de bureau terriblement fade et presque ringarde, qui ne sera certainement pas sauvés par des effets spéciaux calamiteux (quand on choisit de mettre des bastons de super-héros à l'écran, en 2017, on met un minimum de moyens pour que ça ait un peu de gueule !).

Pour autant, tout n'est pas perdu. Comme dans un bon blockbuster Marvel (!), c'est quand on croit que tout est fini que le miracle se produit. Et justement, on pense encore qu'un miracle peut sauver Powerless. Le charme ravageur de Vanessa Hudgens, l'énergie de Danny Pudi (quand il ne rejoue pas Abed de Community), la folie d'Alan Tudyk (vraie bonne surprise du show, en cousin raté de Bruce Wayne) et les références bien senties à l'univers DC (du Joker à Batman en passant par Crimson Fox) sont autant d'atouts sur lesquels la série peut s'appuyer pour rebondir. Parce que l'idée d'une super-sitcom est vraiment séduisante, on refuse de baisser les bras tout de suite !

Powerless, saison 1 - 13 épisodes - diffusée chaque jeudi soir sur NBC.