euphoria
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HBO se lance dans le teen show sans prendre de gants, à travers les yeux d'une ado en désintox, incarnée par l'actrice et chanteuse Zendaya, transformée.

C'est la série des premières fois. Source d'inspiration intarissable, l'adolescence est un sujet dont ne s’était pas encore pleinement emparé HBO, qui apporte, à son tour, sa pierre à l'édifice complexe et tortueux du teen drama. Sam Levinson, le réalisateur d’Assassination Nation, connaît lui bien le sujet, mais signe ici sa première incursion sérielle. De fait, et dans la continuité de son dernier film qui tenait presque du brouillon, Euphoria raconte la violence sous toutes ses formes, physique, morale : harcèlement, bodyshaming, masculinités toxiques… Bonne nouvelle, il y a moins de clignotants, c'est plus subtil. Pas moins hardcore mais moins vain.
 

À la vue des premiers épisodes (d'une saison qui en compte huit), Euphoria souffle le chaud et le froid, distille un sentiment de malaise constant, à la croisée d'un Larry Clark (pour sa vision crue et suffocante de la jeunesse) et du Spring Breakers d'Harmony Korine. Un maelstrom d'émotions qui explosent dans une succession d'images pop, contraste du beau et du laid - dont le montage, parfois trop cut, mériterait de faire respirer les séquences-, et de playlists intradiégétiques. Et, comme le film qui révéla Selena Gomez et Vanessa Hudgens sous un jour nouveau, Euphoria casse complètement l'image de Zendaya. C'est elle qui raconte, avec force, cette tragédie adolescente, malgré sa forme chorale. Le symbole d'un récit collectif mais individuel, solitaire, qui s'inscrit dans un héritage (on y regarde Angela, 15 ans) en imposant sa vision actualisée du teen spirit.

Euphoria est disponible en France sur OCS.