chambers
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Un drama inégal et curieux, emmené par Uma Thurman, Tony Goldwyn, et une jeune première amérindienne brillante.

Présentée en avant-première à Séries Mania le mois dernier, avec la présence exceptionnelle de la superstar hollywoodienne Uma Thurman, la série Chambers sera lancée sur Netflix ce vendredi. Un drama d'angoisse surnaturel léché, intrigant, mais trop lent.

Elle raconte l'histoire de Sasha, une jeune amérindienne vivant dans une contrée désertique de l'Arizona avec son oncle. Alors qu'elle passe la soirée avec son petit ami, la lycéenne fait soudainement une crise cardiaque. Transplantée en urgences, elle vit désormais avec le coeur de Becky, une adolescente vivant dans la ville huppée de la région, et décédée la même nuit que Sasha. Des choses étranges vont commencer à se produire, quand les parents de Becky vont débarquer et commencer à nouer une relation tordue avec celle qui a reçu le coeur de leur fille...

S'il y a beaucoup de potentiel dans ce drama d'horreur psychologique, il y a aussi de quoi être déconcerté. Chambers est une drôle de création Netflix, une curiosité au carrefour de la série d'angoisse, du surnaturel, du drame social, et du documentaire sur la place des Amérindiens (en l'occurrence les descendants de Navaros) dans l'ouest aride des Etats-Unis.

Il faut bien l'avouer, après les premiers épisodes, on ne sait pas trop ce que la série veut nous dire, ni là où elle veut nous emmener. Le deuil, les inégalités, la vie des teenagers et une petite pincée de mystique "Native American" en sus, Chambers fait parfois un peu fourre-tout, mais parvient à raccrocher les wagons autour d'une atmosphère macabre fascinante et d'un décor naturaliste désertique rude et poussiéreux assez hypnotique.

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"On joue sur une tension permanente, plus que sur des jump scares", avouait à Lille la créatrice, Leah  Rachel. Effectivement, Chambers est moins une série d'horreur qu'une série d'ambiance, de relations malsaines façon Rosemary's Baby. Et la direction fantastico-spiritualiste assez maladroite qu'elle va prendre par la suite n'est pas forcément des plus heureuses.

D'autant que le rythme est terriblement lent. L'intrigue se dénoue de manière fastidieuse et peine à rester passionnante à chaque épisode. Tant et si bien qu'on se dit que Chambers aurait certainement gagné à être ramassée en 5 ou 6 épisodes. Heureusement, le casting permet à la série de rester à flot. Tony Goldwyn et Uma Thurman, sont impeccables en parents glauques et dévastés, et arrivent subtilement à nous donner des sueurs froides. Quant à la jeune Sivan Alyra Rose, inconnue au bataillon, elle est tout simplement la révélation de cet étrange drama inégal.