Papi Sitter
Capture d'écran YouTube/Gaumount

Une énième variation sur le thème du conflit de générations. Inégale mais assez sympathique.

Philippe Guillard avait surpris son monde avec son premier film, Le Fils à Jo, en 2011. Dire qu’à l’époque on n’attendait pas grand-chose de cet ancien rugbyman devenu journaliste puis réalisateur sur le tard est un euphémisme, pourtant il avait réussi à émouvoir et agréablement surprendre avec une histoire personnelle. Près de dix ans plus tard, il reforme son couple de comédiens (Olivier Marchal et Gérard Lanvin) cette fois-ci pour une comédie populaire assumée : Papi-Sitter. On y suit deux grands-pères chargés d’aider leur petite fille -Camille Aguilar, très bonne dans le genre énervante- à passer son bac pour cause de départ inopiné des parents… Surfant sur la vague des films de retraités confrontés aux jeunes générations (Retour chez ma mèreJoyeuse retraite, L’Étudiante et Monsieur Henri, Tanguy le retour…) qui font généralement le bonheur du box-office, Papi-Sitter a la bonne idée d’associer à la confrontation ado rebelle / papis retraités celle de la confrontation des visions éducatives  (et de la vie en générale) des dits retraités. S’ensuit dans la seconde partie du film, la meilleure, une sorte de “Guerre des Rose versions sexagénaire”, jubilatoire et inventive, sous les yeux effarés de la bachelière obligée de devenir in fine l’adulte du trio. Gérard Lanvin s’en donne à cœur joie dans le rôle de l’ancien gendarme psychorigide, excellant dans l’art de de la colère refoulé,  tandis qu’Olivier Marchal s’essaie à la composition clownesque avec avouons-le quelques réussites. Si l’ensemble, énième variation autour d’un thème qui commence à s’essouffler, n’est certainement pas d’une grande originalité, il a le mérite de ne pas avoir la prétention de l’être. Et c’est tout à son honneur.

Papi-sitter, en salles le 4 mars 2020