Tout ce qu'il me reste de la révolution Judith Davis
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La comédienne signe son premier film, Tout ce qu’il me reste de la révolution, Valois du Jury du dernier Festival d’Angoulême. Portrait.

Judith Davis n’aurait pas dû être là. Son destin n’était ni de devenir cinéaste ni de devenir comédienne. La jeune femme se destinait à la philosophie. Ses centres d’intérêts avaient pour nom Platon, Kant ou Hegel (sur lequel elle fit son DEA). Mais un soir, levant les yeux de ses bouquins, elle s’autorise une soirée au théâtre et découvre sur scène une troupe flamande, le TG Stan. « Là, j’ai eu envie, non pas de faire du théâtre, mais de monter un collectif, explique Judith Davis. C’est pour ça que j’ai changé de voie pour vivre cette aventure de la création en collectif. C’était une nécessité politique». Il lui faudra d’abord une bonne dose de culot pour aborder la troupe de Frank Vercruyssen mais les comédiens apprécient sa démarche et lui propose de les suivre en stage. C’est là qu’elle rencontre quatre autres comédiens à la démarche singulière, comme elle, Simon Bakhouche, Mélanie Bestel, Claire Dumas et Nadir Legrand. Ils participent à la création d’un spectacle du Tg Stan sur le concept de collectif, L’avantage du doute. C’est tout naturellement qu’ils décident ensuite de voler de leurs propres ailes en fondant un collectif qui porte le nom de leur première aventure commune. L’avantage du doute est né.

Parallèlement, Judith Davis débute au cinéma. Son passage par l’école de théâtre Claude Mathieu lui permet de décrocher un agent. On la découvre dans Jacquou Le croquant de Laurent Boutonnat en amoureuse de Jacquou- Gaspard Ulliel. Elle est aussi étonnante dans son deuxième film Je te mangerais de Sophie Laloy où elle interprète une jeune élève pianiste. « De quoi allons-nous parler ? », se demande alors le collectif. Après moult discussions, digressions et tergiversations, les cinq compères de L’avantage du doute écrivent par petites touches un spectacle sur l’héritage de mai 1968 et la fin des idéologies. Tout ce qu’il nous reste de la révolution, c’est Simon est créé en 2008 à la Comédie de Béthune. Avec succès. La troupe le joue dans toute la France pendant plusieurs années et à chaque fois, les spectateurs sont plus nombreux. Ils aiment ce théâtre qui ne raconte pas UNE histoire, mais NOTRE histoire collective. Un théâtre politique mais pas moral.

Quatre ans plus tard la troupe récidive avec La légende de Bornéo, dont le sous-titre est «  Il y a une légende à Bornéo qui dit que les orangs outans savent parler mais qu’ils ne le disent pas pour ne pas avoir à travailler ». Cette fois-ci c’est autour de la question du travail que L’Avantage du doute nous fait rire et réfléchir. Le spectacle est repris à partir du 19 mars au Théâtre de l’Atelier à Paris. Judith Davis s’est inspirée de ses deux pièces pour tirer son propre fil et en faire la substantifique moelle de Tout ce qu’il me reste de la révolution, à découvrir sur les écrans le 6 février.

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