GALERIE
Le Pacte / Les Films du Worso / France 2 Cinéma / Tropdebonheur Productions / Scope Pictures

Cédric Kahn tente de dynamiter de l’intérieur le film de famille à la française mais s’enfonce dans le cliché qu’il voulait éviter.

La maison de campagne familiale est un cliché du cinéma français. Au cœur des vacances, une famille bourgeoise s’aime et se déchire le temps d’un climax cathartique tellement prévisible que le spectateur attend les yeux mi-clos que les assiettes volent entre l’aîné banquier et le cadet intermittent du spectacle. Avant ça, nous aurons eu l’arrivée, l’installation et les petites douceurs en guise d’amuse-gueule. Cédric Kahn met ici les pieds dans le plat et entend dynamiter de l’intérieur l’exercice façon Dogme période Festen. La mise en scène proprette cède bientôt le pas à une image impure censée traduire la violence qui s’insinue au sein de cette famille plus retorse qu’il n’y paraît : une mère dépassée, un patriarche qui n’en est pas un et des enfants qui ne s’accordent pas. Pourquoi pas, encore faut-il savoir doser et avoir quelque chose à dire ou montrer. Or sur ce terrain-là, c’est le désert de Gobi en rase campagne. Deneuve deneuve, Macaigne macaigne et Bercot bercotte. C’est cette dernière qui est la plus exposée, jouant la soeur trahie et borderline qui n’a pas d’autre choix que d’hystériser ses émotions pour se faire entendre. Dans la dernière partie, Kahn use soudain d’une mise en scène vaguement mentale suggérant le malaise de l’infortunée. Bercot recevra encore des coups jusque dans l’épilogue, comme une façon d’achever la bête. Pourquoi ce martyre ? Ce sadisme ne produit rien de transcendant, tout respire les compromis scénaristiques et l’ombre encombrante de Pialat se dissipe dès la première éclaircie... Défaite de famille.

Fête de famille, en salles le 4 septembre 2019