PRODUCTION / LES FILMS ALAIN SARDE

La comédie sociétale de Coline Serreau, menée de main de maître par Vincent Lindon, est à l’honneur ce soir de « Place au cinéma » sur France 5, présenté par Dominique Besnehard

Une réalisatrice férue de sujets de société

En fiction comme en documentaire, de Trois hommes et un couffin à Solutions locales pour désordre global en passant par Romuald et Juliette et Chaos, Coline Serreau a toujours inscrit son cinéma au cœur des questions sociétales : féminisme, écologie, racisme… Un engagement hérité de ses deux parents, Geneviève et Jean- Marie, respectivement écrivain et metteur en scène, « résistants sous toutes les formes » comme elle aime les présenter. La Crise ne fait pas exception à cette règle avec pour (anti)- héros un homme viré le même jour par sa femme et son patron qui ne trouve comme oreille attentive à ses malheurs un SDF rencontré dans un café. Chez Coline Serreau, l’intime et le collectif - ce fameux « vivre ensemble » dont on ne parlait pas encore - ne cessent jamais de résonner

La première nomination aux César de Vincent Lindon

Si Vincent Lindon a fait ses premiers pas au cinéma en 1983 dans Le Faucon, tout s’est accéléré pour lui six ans plus tard lorsqu’il tient son premier rôle masculin principal dans L’Etudiante. On le voit dans la foulée chez Lelouch (Il y a des jours et des lunes), Gatlif (Gaspard et Robinson) ou encore Diane Kurys (La Baule Les Pins) mais La Crise lui vaut de franchir un nouveau palier. Son interprétation lui permet de décrocher sa toute première nomination au César du meilleur acteur, remporté par Claude Rich pour Le Souper. Lindon devra attendre sa sixième nomination avec La Loi du marché en 2016 pour s’imposer.

La révélation de Michèle Laroque

Femme de scène, Michèle Laroque a débarqué au cinéma par des petits rôles dans les années 80 (Le Marginal, Le Mari de la Coiffeuse, Une Epoque formidable…). Mais c’est avec La Crise qu’elle se fait pour la première fois réellement remarquer par le grand public avec notamment une scène hilarante où elle fait une crise à son mari médecin passé de l’allopathie à l’homéopathie avec un grand manque financier à la clé, à grand renfort de « Je suis vulgaire, tant mieux », phrase devenue culte. Une scène qui justifie à elle seule sa première nomination au César. La seconde – et dernière à ce jour – sera pour son personnage de bourgeoise coincée dans Pédale douce, quatre ans plus tard.

Le grand retour au cinéma de Maria Pacôme

Quand elle débarque sur le plateau de La Crise pour jouer la mère de Vincent Lindon, la regrettée Maria Pacôme n’a plus tourné depuis 12 ans et son rôle inénarrable de directrice du Cours Louis XIV dans Les Sous- doués. Elle a en effet privilégié la scène dans les années 80 avec de grands succès populaires à la clé comme Joyeuses Pâques mis en scène par Jean Poiret, On m’appelle Emilie avec Patrick Bruel et Les Seins de Lola qu’elle a elle- même écrit. Un retour au cinéma gagnant puisqu’il lui vaut la seule nomination au César de sa carrière, celui du de second rôle, remporté par Dominique Blanc pour Indochine

Le dernier grand succès populaire de Coline Serreau

Certes, on est loin des 10 millions de spectateurs réunis par Trois hommes et un couffin, le film- phénomène de société de 1985. Mais après le score décevant de son film suivant Romuald et Juliette, Coline Serreau remontait sur les sommets du box- office avec La Crise en totalisant 2,3 millions d’entrées. Un score qu’elle n’a plus jamais atteint depuis.

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