Charles Gérard et Jean-Paul Belmondo
ABACA

L’acteur fétiche de Claude Lelouch et l’ami éternel de Jean-Paul Belmondo est mort à l’âge de 96 ans. Tristesse.

Charles Gérard est mort à 96 ans et avec lui Charlot. Pas le Charlot avec sa canne et son chapeau, non, notre Charlot, un personnage récurrent du cinéma de Claude Lelouch, dont la présence à l’écran avait valeur de signature. Charlot, c’était le bon pote rigolo que l’on emmène avec soi, certain qu’il fera rire la galerie. Il est apparu en 1970 dans Le voyou mais c’est dans L’aventure c’est l’aventure que Charlot est le plus drôle. La séquence dite « John Davis » où Gérard essaye de convaincre Lino Ventura qu’il parle couramment anglais est un moment d’anthologie. Charles Gérard c’était donc ça, ce personnage un peu ahuri mais sincère et fidèle. Le genre de second rôle qui a fait la richesse du cinéma français (Carette et les autres) Si Charles Gérard et sa tignasse blanche n’avaient plus depuis quelques années la même vitalité du temps jadis, le voir prendre la pose avec son ami Jean-Paul Belmondo avait toujours quelque chose d’émouvant. Lui et Belmondo c’était 71 ans d'amitié.

L’histoire raconte que celle-ci est née en 1948 sur un ring de boxe. Belmondo décroche ce soir-là une frappe et casse le nez de son adversaire. Un nez à jamais déformé qui fera bientôt partie de la panoplie de l’acteur. Avec son pote il a tourné entre autres L’incorrigible de Philippe de Broca (1973) ou encore L’animal de Claude Zidi (1977).

Charles Gérard est né en 1922 à Istanbul. D’origine arménienne, son vrai nom est Noubar Adjémian. Arrivé en France, il entend d’abord devenir cinéaste et signe son premier film en 1958 avec Michel Deville, Une balle dans le canon, puis L’ennemi dans l’ombre écrit par Pascal Jardin ou encore A couteaux tirés, toujours avec Jardin. En 1966, il réalise un court-métrage documentaire scénarisé par Michel Drucker sur Jean-Paul Belmondo, La bande à Bebel. Mais c’est bien-sûr en tant qu’acteur que Charles Gérard va imposer son indécrottable bonhommie.

En 2013 au Festival Lyon Lumière, un Tarantino survolté présentait Le voyou de Claude Lelouch, comédie de l’année 70 qu’il venait de découvrir et dont il était immédiatement devenu fan. Sur la scène ce soir-là, Claude Lelouch et Charles Gérard, un peu intimidés comme deux collégiens un soir de remise de prix mais avec un sourire jusqu’aux oreilles, écoutaient Tarantino leur dire à quel point il aimait leur travail. Un pur moment d'émotion. Charlot est mort. Vive Charlot !