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Félicitations à l'acteur, qui vient de recevoir le César du meilleur espoir masculin.

Mise à jour du 2 mars 2018 : Nahuel Pérez Biscayart vient de recevoir le César du meilleur espoir masculin pour 120 Battements par minute. "On a été un vrai collectif. (…) Si je sois dédier ce prix c'est à Act Up et à tous ceux qui mènent des combats et ne reçoivent pas de prix."
Une récompense amplement méritée pour cet acteur argentin de bientôt 32 ans qui a eu une année bien rempli.

Interview du 28 décembre 2017 : Pour notre bilan de l’année, nous avons rencontré quelques personnalités qui ont fait 2017.

Critique de 120 battements par minute

Presque totalement inconnu sous nos latitudes (malgré des rôles dans Au fond des bois de Benoît Jacquot et dans Grand Central de Rebecca Zlotowski), Nahuel Pérez Biscayart est né en Argentine en 1986 de parents d’origine basque –ce qui explique son bilinguisme parfait. Avec 120 battements par minute de Robin Campillo, Grand Prix du dernier Festival de Cannes, et Au revoir-là haut d’Albert Dupontel, il a carrément éclaboussé les écrans de son talent en 2017. La révélation masculine de l’année, sans aucun doute.

Comment avez-vous personnellement vécu cette année 2017 ?
De manière intense, évidemment, entre des moments très calmes où je voyageais et cette réception un peu dingue de 120 battements par minute à Cannes qui a été très prenante. C’était fort de voir comment un film élaboré simplement, de manière très intime, a été approprié par tout le monde.

Vous êtes passé de l’ombre à la lumière de manière fulgurante.
J’étais bizarrement assez tranquille. J’ai vite compris le fonctionnement de cette machine cannoise dont il faut prendre les bons côtés : notre film est “né” de cet échange avec la presse et les gens du métier.

Au revoir là-haut est sorti peu après le Campillo, renforçant votre statut de star naissante. Ressentez-vous une pression particulière pour la suite ?
Je préfère penser que j’aurais plus de liberté. J’ai toujours eu une approche instinctive des projets que j’espère conserver. Un acteur ne maîtrise de toute façon pas sa carrière. Il dépend du désir des autres.

La saison des prix approche. Ça vous angoisse ?
Je n’ai jamais regardé la cérémonie des Oscar, ce n’est pas dans ma culture -interview réalisée avant la non pré-sélection de 120 BPM aux Oscars, ndlr. L’angoisse vient plutôt du fait qu’il faudra peut-être m’exprimer en mon nom, ce que je n’aime pas trop faire.  

Quels sont les films qui vous ont marqué en 2017 ?
J’ai beaucoup aimé The Florida Project de Sean Baker que j’ai découvert à Cannes. C’est un film supposé très léger autour d’un quotidien presque anodin, derrière lequel on sent poindre l’angoisse générée par la société capitaliste américaine. Il n’est pas didactique ni larmoyant. J’ai aussi aimé L’autre côté de l’espoir d’Aki Kaurismaki qui aborde, lui aussi, des choses graves avec légèreté.

Quels événements de l’année ciné avez-vous retenu ?
Je suis davantage préoccupé par la politique. En Argentine, la population mapuche, originelle, est de plus en plus maltraitée par le gouvernement. Le cinéma reflète cette réalité mais il faut faire attention car le gouvernement a tendance à réduire les budgets culturels. Ce serait dommage car il y a des voix fortes en Argentine qui doivent avoir les moyens de s’exprimer. CN

Critique de Au revoir là-haut