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Cette semaine au cinéma, Joseph Gordon-Levitt est sur le fil et Emma Watson a besoin d'un psy pendant que Colin Farrell risque d'être transformé en animal.

Choix n°1 : The Walk - Rêver plus haut de Robert Zemeckis avec Joseph Gordon-Levitt...

Synopsis : Douze personnes ont marché sur la lune. Un seul homme aura marché au-dessus du vide vertigineux séparant les deux tours du World Trade Center.

Le funambule Philippe Petit, avec l’aide de son mentor, Papa Rudy, et d’une bande de passionnés de tous horizons, va surmonter les pires obstacles, vaincre les trahisons, les dissensions, et prendre les risques les plus insensés pour exécuter le plus fou de tous les paris : passer d’une tour à l’autre du World Trade Center en marchant sur un fil tendu au-dessus du vide…

Ce fait avait déjà été l'objet d'un documentaire Le funambule.

L'avis de Première : On va voir "The Walk" comme on se rend à un spectacle forain, pour "expérimenter" le vertige du plus beau "crime artistique" jamais commis, pour voir enfin de nos propres yeux un exploit dont il n’existait pas jusqu’alors d’images mouvantes, pour cette promesse de cinéma total. C’est un moment sensationnel, anthologique (décortiqué dans ses moindres détails par "Première" le mois dernier), mais qui dure, quoi ? vingt-cinq minutes ? L’autre exploit accompli ici par Zemeckis, c’est la façon dont il emmène le spectateur jusque-là, au bord de l’abîme, faisant lentement monter le suspense, s’ingéniant pendant 1 h 30 à nous faire oublier qu’on est en train de crever d’impatience. À une première partie coming of age, joliment ironique, succède un second acte, film de casse 70s, primesautier, faussement désinvolte. Ça file à toute vitesse. Du remplissage ? Tout le contraire. Insensiblement, par petites touches, le Zem est en train de nous préparer physiquement à ce qui va suivre. Une corde tendue au-dessus d’un lac, la main de Gordon-Levitt se posant pour la première fois sur l’une des tours... On retient son souffle. Ça y est, on est prêts. Nous voici devant un film requiem sur les Twin Towers et la fin de l’innocence. Il devrait peser trois tonnes. Il passe en un clin d’œil. Libre comme l’air. Léger comme une plume. Philippe Petit peut être fier.

Bande-annonce :

 

 

 

Choix n°2 : Regression d'Alejandro Amenabar, avec Emma Watson, Ethan Hawke...

Synopsis : Minnesota, 1990. L’inspecteur Bruce Kenner enquête sur un crime révoltant dont la jeune Angela accuse son père, John Gray. Lorsque John avoue sa culpabilité de façon tout à fait inattendue et sans garder le moindre souvenir des faits, le docteur Raines, un célèbre psychologue, est appelé à la rescousse. Il va devoir aider John à retrouver la mémoire, mais ce qu’ils vont découvrir cache un terrifiant mystère qui concerne le pays tout entier…

L'avis de Première : "Regression" (sans accent sur le "e") marque le retour attendu d’Alejandro Amenábar, cinq ans après le flop injuste de l’ambitieux péplum "Agora". On est rassurés d’entrée : le cinéaste espagnol n’a rien perdu de son talent pour créer une atmosphère anxiogène (photo bleutée irréaliste, cadrages étranges) qui sert idéalement d’écrin à cette enquête dans laquelle une jeune femme accuse son père de crimes horribles. Illusionniste, le réalisateur se plaît à manipuler le spectateur de bout en bout. Le résultat, moins convaincant que ses légendaires tours de passe-passe ("Ouvre les yeux", "Les Autres"), se montre tout de même efficace. Et n’oubliez pas : le diable est dans les détails.

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Choix n°3 : The Lobster de Yorgos Lanthimos avec Colin Farrell...

Synopsis : Dans un futur proche... Toute personne célibataire est arrêtée, transférée à l’Hôtel et a 45 jours pour trouver l’âme sœur. Passé ce délai, elle sera transformée en l’animal de son choix. Pour échapper à ce destin, un homme s’enfuit et rejoint dans les bois un groupe de résistants; les Solitaires.

L'avis de Première : Dans un futur ressemblant au présent, les célibataires sont parqués dans une sorte de spa concentrationnaire où ils ont quarante-cinq jours pour trouver l’âme sœur, sous peine d’être transformés en l’animal de leur choix. Après Canine et Alps, le Grec Yorgos Lanthimos poursuit dans la veine du cinéma socio-conceptuel. D’abord satirique – durant la première heure, le modèle conjugal tel qu’il nous est imposé par la société marchande est critiqué –, le film opère une mue lorsque le rond-de-cuir incarné par Colin Farrell cherche à s’affranchir du diktat pour tenter d’accéder à l’amour véritable. "The Lobster" quitte alors les pesanteurs de la comédie grinçante pour s’élever vers une allégorie plus ample, d’une douloureuse beauté.

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