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Ce qu’il faut voir ou pas cette semaine.

L’ÉVÉNEMENT

LES GARDIENS DE LA GALAXIE VOL. 2 ★★★★☆
De James Gunn

L’essentiel
La franchise portée par Chris Pratt revient en force avec un deuxième opus encore plus fun et joussif

Star-Lord, Gamora, Rocket, Drax et Groot (dans sa forme de bébé ultra-mimi) sont désormais une équipe unie qui lutte contre le mal aux quatre coins de la galaxie. Mais cette fois-ci, la sempiternelle mission de sauver l'univers va s'avérer plus périlleuse que jamais, surtout lorsque le père biologique de Star-Lord, Ego, refait surface de manière impromptue et mystérieuse. Trois ans après le premier opus qui était apparu comme une parenthèse rafraichissante dans la bulle léthargique des blockbusters, cette suite assoit désormais Les Gardiens comme une franchise qui compte dans l’univers cinématographique Marvel.
François Rieux

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PREMIÈRE A AIMÉ

AURORE ★★★★☆
De Blandine Lenoir

Il y a 17 ans, Agnès Jaoui tenait son plus beau rôle dans Une femme d’extérieur, portrait d’une mère de famille qui s’émancipait sur le tard. Aurore est en quelque sorte son film jumeau, situé près de deux décennies plus tard. L’héroïne, la cinquantaine, est mère de deux grandes filles et vit mal sa ménopause, qui s’accompagne d’un célibat de plus en plus pesant. Le jour où elle retombe sur son amour de jeunesse, l’espoir renaît…
Christophe Narbonne

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APRÈS LA TEMPÊTE ★★★★☆
De Hirokazu Kore-Eda

Réputé pour ses drames familiaux, Hirokazu Kore-Eda semble ne jamais vouloir dévier de la même direction, comme s’il se laissait porter par le courant qu’il a créé. Mais, à la différence de ses précédents films, Après la tempête va plus profond, plus près de l’os, laissant une impression durable et presque douloureuse. Probablement parce qu’il touche un nerf particulièrement sensible lorsqu’il interroge son personnage sur ce qu’il a fait de sa vie. Plus précisément, il fait le point sur la différence entre les ambitions de la jeunesse et la réalité.
Gérard Delorme

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PREMIÈRE A PLUTÔT AIMÉ

LA COLÈRE D’UN HOMME PATIENT ★★★☆☆
De Raul Arévalo

C’est le petit thriller qui a tout raflé aux Goya (à la barbe de J.A. Bayona), premier film du comédien Raul Arévalo, l’histoire simple d’une vengeance. Malgré une durée resserrée, Arévalo prend son temps pour entrer vraiment dans le vif du sujet et entretient longtemps le mystère sur son personnage principal et ses motivations. Une exposition qui absorbe la première moitié du film, au cours de laquelle José (Antonio de la Torre), l’homme patient (mais en colère), reste planté là, absent à lui-même et au monde qui l’entoure, absent même au début de la relation qu’il noue avec Ana (Ruth Diaz) dont le charme et les failles n’arriveront pas à bout de cette étrange impassibilité. Et puis le récit s’emballe, des flashbacks font craquer le vernis impénétrable de José qui passe enfin à l’action, et accomplit la vengeance qui l’a rongé pendant huit ans. Avec un certain style et des choix forts de mise en scène - le film est tourné en 16mm, format qui donne un aspect granuleux cradingue à l’image -, le cinéaste débutant signe un thriller épuré qui interroge les ravages de la souffrance chez un homme ordinaire.
Vanina Arrighi de Casanova

PREMIÈRE A MOYENNEMENT AIMÉ

DJANGO ★★☆☆☆
D’Etienne Comar

Django Reinhardt, l’inventeur du jazz manouche, est un mythe méconnu. Il existe peu d’images de lui et d’interviews circonstanciées. Scénariste éclectique (Des hommes et des Dieux, Les Saveurs du palais, Mon Roi), Etienne Comar a donc choisi de le raconter par défaut à travers le prisme de l’Occupation au cours de laquelle Django a oscillé entre collaboration passive et prise de conscience tardive. Au début, chouchou de la Wehrmacht parisienne, il fait peu de cas de la guerre qui se joue à l’extérieur de la capitale. Progressivement, sous l’impulsion de sa maîtresse, une amie des arts, il réalise que sa vie, et au-delà celle de sa communauté, est en danger. Il fuit, sa guitare sous le bras…
Christophe Narbonne

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À MON ÂGE JE ME CACHE ENCORE POUR FUMER ★★☆☆☆
De Rayhana

Tirée de la pièce du même nom, le premier film de la dramaturge Rayhana trahit ses origines théâtrales : unité de lieu, de temps et d’action pour cette histoire rassemblant des femmes arabes dans un hamman où elles discourent de leur condition et de la société patriarcale. Peu d’idées de cinéma, beaucoup trop de scènes littérales qui disent le monde au lieu de le réinventer. La trivialité du lieu et la sensualité des corps auraient pu engendrer une œuvre autrement plus ambiguë et fascinante.
Christophe Narbonne

LA MORSURE DES DIEUX ★★☆☆☆
De Cheyenne Marie-Caron

Sébastien est un agriculteur d'une trentaine d'années qui s'occupe de l'exploitation de la ferme familiale. Avec plusieurs dizaines de milliers d'euros de dettes, il décide de monter une coopérative agricole avec d'autres exploitants pour tenter de s'en sortir. Au même moment, il fait la rencontre de Juliette, une nouvelle venue au village. La morsure des dieux revient de façon pertinente sur le dépeuplement des campagnes et la décrépitude de la condition paysanne en France. Si le film de Cheyenne Marie-Caron frappe juste dans son analyse socio-économique d'une agriculture à l'agonie et de la solitude propre à ce métier d'une vie, la cinéaste s'égare néanmoins dans des sous-intrigues pas forcément intéressantes (la romance entre le héros et Juliette, l'opposition de la religion et du spiritisme, la relation houleuse avec le père, la rivalité entre paysans) qui alourdissent le propos premier. Dommage car, en plus de sortir des sentiers battus du cinéma français, La morsure des dieux avait le mérite de mettre en lumière un sujet rarement abordé au cinéma et pourtant éminemment d'actualité.
François Rieux

NOMA AU JAPON ★★☆☆☆
De Maurice Dekkers

Documentaire sur les prémices de l'installation de la version japonaise du Noma, le "meilleur restaurant du monde" (situé à Copenhague, il a deux étoiles au Michelin). On suit donc des cuisiners hipsters, barbus et tatoués, se promener dans les bois nippons pour manger des fourmis et concevoir des recettes de luxe. Au milieu de ce qui n'est guère plus qu'une grande publicité de luxe pour ce restaurant (surdramatisation, structure en flashback, shaky cam tape-à-l'oeil), il y a une scène fascinante : coincés dans les sous-sols d'un grand hôtel, les chefs tentent de trouver les alliances de goûts et de textures parfaites sous la conduite de leur boss, René Redzepi, apparemment imbuvable. Un grand moment de tension et de perfectionnisme brut et cru qui nous fait toucher du doigt ce que doit être la grande cuisine, et ce qu'elle a d'artistique.
Sylvestre Picard

LA PAPESSE JEANNE ★★☆☆☆

De Jean Breschand

Le documentariste Jean Breschand s'attaque à une légende, celle d'une jeune femme du IXe siècle qui serait devenue papesse. On est à l'aube du Moyen Âge et Jeanne vit dans un monde dominé par les hommes, où elle tente d'imposer sa voix. Évidemment très contemporain dans son propos (malgré ses airs de déconnexion totale avec notre époque), le film interroge intelligemment sur la liberté de la femme dans la société et la place du divin. Dommage que le manque de justesse des dialogues et la lenteur par moment infernale de La Papesse Jeanne l'empêchent de développer pleinement sa pensée.
François Léger

UNE DOUCE RÉVOLTE ★★☆☆☆
De Manuel Poutte

Une douce révolte est un documentaire qui met en exergue les S.E.L., systèmes d'échange locaux. Il s'agit d'un mode de vie alternatif visant à recentrer l'humain et la solidarité dans une société en mouvement et toujours aussi inégalitaire. Sous forme de road-trip, le cinéaste Manuel Poutte écume des villes de France, de Belgique et d'Italie afin de montrer l'envers de ce nouveau style de vie encore méconnu du grand public. Monnaie locale, politique de proximité, recours aux producteurs locaux, troc, partage et autres échanges de services...  Pour leurs utilisateurs, ces méthodes sont les derniers remparts à notre société consumériste à l'économie (auto-)dévorante. Si le documentaire de Manuel Potte manque d'amplitude stylistique, celui-ci a le mérite d'être suffisamment pédagogique et intelligible pour atteindre le spectateur et amener une certaine réflexion. 
François Rieux                                                                                                                                

PREMIÈRE N’A PAS AIMÉ

ONE KISS ★☆☆☆☆
d’Ivan Cotroneo

Lorenzo est gay : il porte des t-shirts flashy. Blu est « libérée » : elle a fait un plan à trois. Antonio est triste : il a perdu son frère. Marginalisés par leurs camarades, les trois adolescents unissent leurs particularités pour être plus forts ensemble. Le film ressemble à ce résumé exagérément caricatural, portrait façon puzzle (auquel il manquerait des pièces) d’une jeunesse sans repères confrontée à l’entrée dans l’âge adulte. Pas bien malin, faussement profond (les dialogues d’Antonio avec le fantôme de son frère, oups…), émaillé de séquences musicales ineptes, One kiss condense le pire du coming of age movie.
Christophe Narbonne

 

Et aussi

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Le procès du siècle de Mick Jackson
Mister Universo de Tizza Covi
Adieu Mandalay de Midi Z.

 

Reprises

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Détenu en attente de jugement de Nanni Loy