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Le film sur Django Reinhardt déçoit malgré Reda Kateb.

Django Reinhardt, l’inventeur du jazz manouche, est un mythe méconnu. Il existe peu d’images de lui et d’interviews circonstanciées. Scénariste éclectique (Des hommes et des Dieux, Les Saveurs du palais, Mon Roi), Etienne Comar a donc choisi de le raconter par défaut à travers le prisme de l’Occupation au cours de laquelle Django a oscillé entre collaboration passive et prise de conscience tardive. Au début, chouchou de la Wehrmacht parisienne, il fait peu de cas de la guerre qui se joue à l’extérieur de la capitale. Progressivement, sous l’impulsion de sa maîtresse, une amie des arts, il réalise que sa vie, et au-delà celle de sa communauté, est en danger. Il fuit, sa guitare sous le bras…

Trop impressionniste, pas assez incarné

Comar évacue au maximum la psychologie et ne fait exister Django qu’à travers sa musique, des concerts triomphaux à Paris, reflétant un artiste grisé par le succès, aux bœufs anonymes dans des bars de province ou dans des camps tsiganes, où Django retisse du lien avec sa communauté. Et le film de dérouler sa petite musique tel un piano mécanique, sans fausses notes. Il manque à ce biopic en ré mineur une véritable incarnation, un moment de bascule où la douceur impressionniste des scènes au quotidien ferait place à la viscéralité de la guerre et à ses terribles ambiguïtés. Impressionnant dans les scènes de concert, Reda Kateb n’arrive cependant pas à sortir le personnage de sa fonction purement iconique.

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