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L'Insensible

Dans Zoologie, son précédent film, Ivan I. Tverdovsky décrivait une femme ordinaire affublée d’une queue et qui entamait une relation toxique avec un fétichiste. Drôle de film qui finissait par tourner en rond. Rebelote avec L’Insensible, portrait d’un ado atteint d’une maladie le rendant insensible à la douleur. Sa mère, qui l’a abandonné à la naissance, revient le chercher pour l’utiliser dans le cadre d’une arnaque bien rodée : Denis se jette sur des voitures pour faire chanter les conducteurs avec la complicité de l’appareil judiciaire entier...

Christophe Narbonne
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Deux Moi

À ses débuts, dans les années 90, Cédric Klapisch célébrait joyeusement les vertus du vivre-ensemble, à même de transcender les clivages de toutes sortes. Vingt-cinq ans plus tard, l’utopie communautaire semble avoir vécu. C’est du moins ce que semble raconter Deux moi, portrait tout sauf béni-oui-oui de la génération Tinder, dans lequel le réalisateur de L’Auberge espagnolefilme deux solitudes, celles de Mélanie et Rémy, en quête de sens et d’amour, qui vivent côte à côte sans le savoir dans des immeubles mitoyens.

Christophe Narbonne
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tempo comun

Le docufiction a le vent en poupe depuis quelques années – le succès de Shéhérazadeen est un exemple récent. Souvent centré sur des communautés bien typées, le genre s’aventure peu dans le domaine de l’intime, voie choisie par Susana Nobre, qui décrit ici le quotidien banalement répétitif d’une jeune maman : tétées, bercements, siestes, conversations assez neutres avec le papa ou des gens de passage (famille et amis)... Tout est vrai et faux en même temps, la mère en question et ses proches étant filmés dans leur environnement naturel mais récitant des dialogues écrits.

Christophe Narbonne
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Music of my life

Depuis Joue-la comme Beckham, en 2002, Gurinder Chadha n’a pas vraiment confirmé les espoirs placés en elle. Est-ce un hasard si son nouveau film reprend peu ou prou la structure de sa comédie initiatique à succès ? Il est de nouveau question d’un jeune Anglais d’origine indo-pakistanaise déterminé à s’extraire de son milieu étouffant en s’adonnant à une activité de « Blancs » – le foot féminin dans Joue-la comme Beckham, l’écriture dans Music of my Life.

Christophe Narbonne
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Mjölk, la guerre du lait

Découvert voilà quatre ans avec l’excellent Béliers, Grímur Hákonarson pose de nouveau sa caméra dans la campagne islandaise et raconte le combat d’une femme seule contre tous ou presque. Une agricultrice qui, en reprenant l’exploitation laitière familiale après la mort brutale de son  mari, entre en guerre contre le monopole abusif et quasi mafieux imposé par une coopérative. Celle-ci prive les agriculteurs de toute indépendance tout en leur assurant le minimum vital qui les dissuade de se rebeller.

Thierry Chèze
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Ca marche !?

Il faut vraiment être féru de politique pour s’intéresser à la campagne pour les élections européennes de La République en marche, objet du nouveau documentaire de Camille de Casabianca. Neuf ans après C’est parti, qui racontait la naissance du NPA d’Olivier Besancenot, la réalisatrice enregistre sur le vif les réunions locales un peu brouillonnes, les porte-à-porte humiliants, les débats internes plus ou moins agités...

Christophe Narbonne
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The Bra

Dans un quartier pauvre de Bakou en Azerbaïdjan existe une voie ferrée qui passe entre les maisons. Et quand le train arrive, les habitants rangent tables et fils à linge à toute vitesse. Pour Nurlan, le conducteur du train (Miki Manojlovic), c’est chaque jour une épreuve et un plaisir. Lors de son dernier voyage, la veille de sa retraite, sa locomotive emporte un soutien-gorge bleu. L’homme en mal d’amour va alors, tel le prince charmant de Cendrillon, se mettre en quête de la poitrine qui le portera le mieux.

Sophie Benamon
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Liberté

Au dernier Festival de Cannes, pendant qu’Abdelatif Kechiche enfermait ses personnages dans une boîte de nuit le temps de son long Intermezzo, Albert Serra faisait à peu près la même chose dans la salle d’à côté. Autre piste, même ambiance ? Pas vraiment. Dans la nature, mais bel et bien prisonniers du cadre, ses libertins chassés de la cour de Louis XVI se retrouvaient en carafe dans un sous-bois. Ici, chacun et chacune s’adonne aux jeux d’une sexualité plus ou moins passive mais sans tabou. Ils se choisissent, s’observent, s’échangent.

Thomas Baurez
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Les hirondelles de Kaboul

Au départ, il y a le best-seller de Yasmina Khadra, paru en 2002. Un brûlot qui dénonçait l’obscurantisme à l’œuvre du temps des talibans, en Afghanistan, véritable laboratoire de l’intégrisme religieux qui s’est répandu au Moyen-Orient comme une traînée de poudre au tournant du siècle. L’écrivain algérien y décrivait le quotidien dramatique de deux couples : celui formé d’un côté par un gardien de prison (Atiq, un ancien moudjahidine) et sa femme malade (Mussarat), de l’autre par deux jeunes idéalistes (Mohsen et Zunaira) contraints au silence et à l’invisibilité.

Christophe Narbonne
affiche Viendra le feu
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Viendra le feu

Oliver Laxe aime la nature, du moins se repose-t-il sur elle pour essayer d’en puiser la part sacrée. Dans Mimosas, le Haut Atlas marocain devenait un territoire mythologique. Le même ensorcellement ne tarde pas à se mettre en place dans Viendra le feu, où des plans de nuit d’une forêt majestueuse mettent d’emblée le spectateur face à plus grand que lui. La main de l’homme ne tarde pas à briser cette nature souveraine. Dans un raccord parfait, on distingue bientôt un épais dossier qui circule de main en main.

Thomas Baurez
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Le mariage de Verida

« Tais-toi... et mange ! » pourrait être le sous-titre de ce premier long métrage qui met en scène le quotidien étouffant d’une jeune esthéticienne mauritanienne à qui sa mère annonce qu’elle lui a trouvé un mari. Et qu’elle doit avant le jour J sacrifier à une tradition séculaire, celle du gavage, afin de prendre du poids pour plaire à son promis. Le Mariage de Verida raconte la révolte de cette jeune femme – prise entre son désir de liberté et son refus de manquer de respect à sa famille – contre cette union forcée et ses dommages collatéraux.

Thierry Chèze
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River of grass

La réalisatrice américaine Kelly Reichardt a été révélée en France en 2006 par Old Joy. Mais onze ans auparavant, elle avait signé ce premier long, resté inédit dans nos salles jusqu’à ce que le distributeur Condor répare aujourd’hui cet oubli. Remarquable de maîtrise dans la conduite de son récit et de puissance jamais écrasante dans sa mise en scène, River of Grass pose les bases des futurs Wendy & Lucy ou La Dernière Piste : un personnage féminin fort, une direction d’acteurs au cordeau, un sens aigu du réalisme rugueux et le refus de tout sentimentalisme.

Thierry Chèze
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Fête de famille

La maison de campagne familiale est un cliché du cinéma français. Au cœur des vacances, une famille bourgeoise s’aime et se déchire le temps d’un climax cathartique tellement prévisible que le spectateur attend les yeux mi-clos que les assiettes volent entre l’aîné banquier et le cadet intermittent du spectacle. Avant ça, nous aurons eu l’arrivée, l’installation et les petites douceurs en guise d’amuse-gueule. Cédric Kahn met ici les pieds dans le plat et entend dynamiter de l’intérieur l’exercice façon Dogme période Festen.

Thomas Baurez
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Apollo 11

C’était il y a cinquante ans. Et pourtant les images semblent dater d’hier. Le réalisateur Todd Douglas Miller propose avec Apollo 11 le documentaire ultime sur la mythique mission. Composé en partie d’images inédites en couleur retrouvées par hasard dans le stock des archives nationales parmi des bandes de 16, 35, 65 et 70 mm, le film offre aussi un nouveau regard sur un événement archi connu. La numérisation et la restauration exceptionnelle de l’ensemble donnent à ce documentaire une sensation d’inédit.

Sophie Benamon
La vie scolaire
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La Vie scolaire

À Première, Patients nous avait bluffés. Pour leur premier film, Grand Corps Malade et Mehdi Idir combinaient avec maestria sens de la vanne, caractérisation subtile, humanisme discret et mise en scène soignée. Sur tous ces plans, La Vie scolaire séduit à son tour, l’effet de surprise en moins. En choisissant un genre balisé – le film d’école –, les deux larrons n’ont pourtant pas opté pour la facilité. Leur bonne idée ?

Christophe Narbonne
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Une fille facile

Propulsée sous le feu des projecteurs, Zahia Dehar dévore tout cru ce conte amoral récompensé à la Quinzaine des réalisateurs.

Thierry Chèze
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Vif-argent

Directeur de casting réputé, Stéphane Batut réussit ses débuts de réalisateur. Qu’importe les coups de mou qui peuplent son récit, l’essentiel est ailleurs : sa croyance dans le cinéma et son désir de lyrisme – qui ne cesse de progresser au fil de ses images. Il ne se sent en effet jamais obligé de sacrifier au réalisme pour rattraper au vol ceux qui se seraient égarés. Son héros, Juste, a la faculté de voir les morts, et recueille leurs ultimes souvenirs avant de les faire passer dans l’autre monde.

Thierry Chèze
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Wedding Nightmare

Et dire que c’était supposé être le plus beau jour de sa vie... En épousant l’un des héritiers d’une riche famille où elle n’est pas vraiment accueillie à bras ouverts, Sara va expérimenter à son corps défendant le sens de l’expression "pour le meilleur et... pour le pire". Sa nuit de noces se transforme en effet en cauchemar où, entraînée dans une singulière partie de cache-cache, elle devient la jeune femme à abattre pour respecter une tradition aussi séculière que sanglante.

Thierry Chèze
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Frankie

Le réalisateur de Brooklyn Village pose pour
 la première fois sa caméra en Europe sans convaincre. L’une des rares déceptions cannoises.

Thierry Chèze
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L'oeuf dure

Après Omelette et Les yeux brouillés, Rémi Lange poursuit son journal intime avec L’œuf dure. Le titre est fort bien trouvé puisque la conception d’un enfant est au cœur de cet épisode. Mais force est de constater qu’au-delà du titre, ces confessions intimes ont perdu un peu de grâce. De manière très démonstrative, le réalisateur construit son journal filmé comme une succession de séquences qui confrontent les tabous. À commencer par la mort. Dès les premières séquences, il choisit de montrer l’agonie puis le corps sans vie de sa grand-mère.

Sophie Benamon
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Haut perchés

Dans Huis clos, Jean-Paul Sartre enfermait trois personnages dans une pièce pour nous donner une idée de l’enfer. Avec Hauts-Perchés, Olivier Ducastel et Jacques Martineau procèdent de la même façon : une femme et quatre hommes dans un appartement. Tous sont victimes du même individu, qui a déçu leurs espoirs amoureux. Chacun raconte son histoire, ses fantasmes, puis se confronte au « monstre » au cours d’une entrevue hors champ – dans une chambre.

Sophie Benamon
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Le déserteur

Auteur-réalisateur remarqué du bouleversant Félix et Meira (2015), le Québécois Maxime Giroux signe cette fois un film moins évident. Il y raconte, sous la forme d’un conte cruel, les mésaventures d’un imitateur de Charlie Chaplin qui fuit un conflit armé dont on ne saura rien. L’homme, déserteur, va se perdre dans l’Ouest américain où, dépouillé, puis fait prisonnier par une mystérieuse organisation, il va se confronter à « la grande noirceur » (le titre original) de l’âme humaine...

Christophe Narbonne
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Ma famille et le loup

Adriàn Garcia aime jouer avec nos peurs. En 2007, son chef-d’oeuvre d’animation Nocturna, la nuit magique racontait avec une poésie renversante les terreurs nocturnes de l’enfance. Dans son deuxième long, c’est la mort qui rôde, mais avec la même (excellente) idée de passer par la fable et le prisme de l’enfance. La Grande Faucheuse prend ici la forme d’un loup qui viendra chercher Sara le jour de ses 80 ans, comme elle l’a expliqué à ses petits-enfants. Ces derniers vont le traquer pour empêcher l’inéluctable, en mode Goonies du XXIe siècle.

Thierry Chèze
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Good Boys

C’est écrit en gros sur l’affiche : ce premier long métrage est produit par les créateurs de Supergrave et Sausage Party. Et si cette assertion n’est en rien mensongère (les géniaux Seth Rogen et Evan Goldberg en assurent bien la production), leur ombre se révèle cependant trop écrasante dans ce récit initiatique certes sympathique, mais jamais renversant. Ces trois « good boys » de 12 ans se trouvent à un moment crucial de leur jeune existence. Le temps de la fin de l’école élémentaire et des premiers baisers.

Thierry Chèze
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Reza

Reza et sa femme Fati divorcent. Ils ont cependant, selon la loi islamique, un délai de trois mois et dix jours pour se rétracter. Le temps pour Reza d’essayer de reconstruire sa vie alors que Fati n’est jamais très loin... Sur cet argument, un cinéaste iranien ordinaire (Farhadi, au hasard) aurait brodé un drame moral, mettant chacun face à ses responsabilités. Rien de tout ça dans Reza, focalisé sur le héros masculin (joué par le réalisateur) et ses doutes existentiels renforcés par sa rencontre fortuite avec une autre femme.

Christophe Narbonne
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Late Night

Katherine Newbury est une légende dans le monde des late shows. Mais son audience s’effrite et on songe à la remplacer. L’arrivée de Molly, une femme d’origine indienne, dans son équipe de scénaristes uniquement composée de mâles blancs va changer la donne. Mindy Kaling (l’interprète de Molly) est à l’initiative de ce film qu’elle a produit et écrit en s’inspirant de son expérience comme auteur de la série The Office. Late Night réussit le tour de force de traiter du sexisme dans le milieu de la télé sans être moraliste.

Sophie Benamon
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Thalasso

Après L’Enlèvement de Michel Houellebecq, Nicloux retrouve l’écrivain et l’associe à Depardieu pour un savoureux et bien secoué buddy movie en huis clos.

Thierry Chèze
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Les Baronnes

L’odyssée sanglante et bariolée de trois femmes criminelles dans le New York des années 70 : cliché mais plaisant.

Sylvestre Picard
Affiche Roubaix une lumière
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Roubaix, une lumière

Arnaud Desplechin est de retour chez lui, à Roubaix, et pourtant nous ne sommes pas tout à fait en terrain connu. Un peu comme si le cinéaste de Comment je me suis disputé et d’Un conte de Noël, voulait marcher sur les plates-bandes d’Olivier Marshal. Un commissariat, la nuit, un flic fatigué mais expérimenté (Roschdy Zem, au charisme ahurissant), un nouveau venu en quête d’absolu et de vérité intérieure (Antoine Reinartz tout en mesure) et au dehors, une misère sociale qui offre son lot de détresse et de faits qui à force d’être trop divers, ne le sont plus vraiment.

Thomas Baurez
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Once upon a time... in Hollywood

Est-ce qu’on est là pour rigoler ? Est-ce qu’on est vraiment là pour rigoler ? Eux s’amusent, Brad et Leo, comme il se doit quand on est chez Tarantino, la maison des bons mots et des bonnes chansons, l’endroit où le cinéma triomphe et où la pop culture plie le réel à sa volonté. Dans Once upon a time...

Guillaume Bonnet