AFFICHE
1
LES ENVOÛTÉS

Sara Giraudeau et Nicolas Duvauchelle sont les héros de ce huitième film de Pascal Bonitzer, cinéaste de l’élégance et du dialogue percutant. Le réalisateur de Rien sur Robert creuse cette fois-ci une veine fantastique en adaptant librement une nouvelle de Henry James, Les Amis des amis, dont Truffaut s’était notamment inspiré pour La Chambre verte. Transposée dans la France contemporaine, l’histoire met en scène une journaliste intriguée par un phénomène surnaturel : certaines personnes voient leurs proches au moment de leur mort.

Sophie Benamon
AFFICHE
3
LOLA VERS LA MÈRE

Certains films dialoguent et se complètent sans l’avoir cherché. Comme ce Lola vers la mer et Girl. Leurs héroïnes sont deux jeunes transgenres en plein processus de réattribution sexuelle. Mais si la Lara de Lukas Dhont vivait cette transition avec le soutien de son père, la Lola de Laurent Micheli se retrouve, elle, isolée avant l’opération, car sa mère qui l’épaulait vient de mourir.

Thierry Chèze
AFFICHE
3
LOLA VERS LA MÈRE

Certains films dialoguent et se complètent sans l’avoir cherché. Comme ce Lola vers la mer et Girl. Leurs héroïnes sont deux jeunes transgenres en plein processus de réattribution sexuelle. Mais si la Lara de Lukas Dhont vivait cette transition avec le soutien de son père, la Lola de Laurent Micheli se retrouve, elle, isolée avant l’opération, car sa mère qui l’épaulait vient de mourir.

Thierry Chèze
AFFICHE
3
Docteur ?

C’est la comédie de Noël et le retour en grande forme de Michel Blanc. Avec son ton sec et sa répartie pince-sans-rire, le comédien est parfait en toubib blasé. Dès la scène d’ouverture, on est dans l’ambiance : SOS médecins, la nuit de Noël, face à une famille adepte des traitements bio et enveloppants, Serge le docteur montre très peu d’empathie et beaucoup d’agacement face à un bébé criard. Le médecin de Noël serait-il une ordure ?

Sophie Benamon
AFFICHE
3
Le Cristal magique

Accompagnée d’un écureuil, une petite hérissonne part en quête d’un joyau capable de sauver le peuple de la forêt de la sécheresse. Au programme : rencontre avec une bande de loups snobs, un castor bégayant, une grenouille mystique, un royaume d’ours danseurs... Et une morale sympa sur l’acceptation de soi : notre héroïne, orpheline de père et persuadée d’être une princesse, se fait chambrer par ses copains à fourrure et devra prouver que la vraie valeur vient du cœur, ce qui fait toujours plaisir.

Sylvestre Picard
AFFICHE
2
Jeune Juliette

Juliette (formidable Alexane Jamieson) est de forte corpulence mais n’en fait pas une maladie, d’autant qu’elle est entourée d’un père et d’un frère plutôt bienveillants. Le problème, ce sont plutôt les autres qui la renvoient à ses rondeurs. La Québécoise Anne Émond signe un teen movie touchant qui évite certains écueils du genre comme le fat shaming insistant ou le cyberharcèlement d’usage.

Christophe Narbonne
AFFICHE
2
Le choix d'Ali

Le point fort du film réside dans sa maîtrise du non-dit, celui de l’homosexualité qu’Ali préfère taire pour regagner les faveurs de sa famille musulmane, et que le scénario parvient à rendre inaudible sans pour autant la cacher. Dommage que le reste peine à suivre, entre réalisation parfois pataude, acteurs semblant eux-mêmes peu convaincus par leur propre performance – excepté Sophia Chebchoub, incarnant la sœur du héros –, et surtout récit statique se concluant à la hâte sans qu’un développement ne justifie vraiment le choix d'Ali.

Joanna Mutton
5 A couteaux tirés

Le lendemain de ses 85 ans, Harlan Thrombey est retrouvé mort par sa gouvernante. La famille parle de suicide mais le Columbo de l’histoire (Benoît Blanc interprété par un dynamique Daniel Craig à l’opposé de son rôle de 007) ne veut pas croire à cette hypothèse.

AFFICHE
3
Le voyage du Prince

Si vous ne vous rappelez pas les détails de l’univers du Château des singes, premier long de Jean-François Laguionie sorti en juin 1999, ce n’est pas bien grave tant sa suite se pense comme un film indépendant. Et le film se chargera de vous faire pénétrer en douceur dans son monde, par le truchement du prince d’un royaume simiesque ambiance Renaissance, échoué sur le rivage d’un autre pays, une espèce de dictature scientifique qui a atteint le niveau technologique de la fin du 19ème siècle.

Sylvestre Picard
AFFICHE
2
La famille Addams

Bonne idée : avoir confié les clés du reboot de La Famille Addamsà l’équipe de Sausage Party. Mauvaise idée : s’inspirer des inoffensives productions Illumination et faire passer les Addams pour des cousins du Gru de Moi, moche et méchant.

Sylvestre Picard
It must be heaven - Elia Suleiman
3
It must be heaven

It must be heavencommence là où Le temps qu’il reste(le précédent film de son réalisateur) finissait. À Nazareth, dans la maison de sa mère où notre héros découvre que son voisin vient tailler et arroser son citronnier sans lui demander son avis. Une métaphore à peine voilée des relations compliquées avec le voisin israélien. Et le point de départ parfait d’une oeuvre souvent drôle et totalement désespérée, pour laquelle Elia Suleiman a retrouvé la grâce d’Intervention divine. Il y a beaucoup de Monsieur Hulot dans le personnage qu’interprète le cinéaste palestinien.

Sophie Benamon
AFFICHE
2
Un été à Changsha

Découvert à Cannes, ce premier long du Chinois Zu Feng s’ouvre comme un polar classique. Un bras est retrouvé dans un fleuve et deux policiers vont mener une enquête au fil de la découverte des membres épars du corps de la victime. On se situe alors dans l’ombre de figures tutélaires écrasantes comme Memories of Murder. Mais c’est précisément lorsque le film semble étouffer sous les codes du genre qu’il part ailleurs.

Thierry Chèze
AFFICHE
2
Seules les bêtes

Après s’être aventuré du côté des séries télé (TunnelEden) et de la comédie azimutée (Des nouvelles de la planète Mars), Dominik Moll revient à son genre de prédilection avec ce thriller racontant la disparition mystérieuse d’une femme dans les Causses et les destins entremêlés d’une poignée d’individus réunis par la fatalité.

Frédéric Foubert
brooklyn affairs affiche
4
Brooklyn Affairs

« C’est comme si un anarchiste vivait dans ma tête », dit Lionel Essrog (Edward Norton), le détective privé atteint du syndrome de La Tourette, héros de Brooklyn Affairs, pour expliquer pourquoi il ne peut pas s’empêcher de ponctuer sa conversation d’interjections incompréhensibles ou de lapsus grossiers. Un clin d’oeil à peine voilé à Fight Club et, plus généralement, au goût qu’a toujours eu l’acteur pour les personnages intranquilles, « dérangés », perturbés par leurs pensées en fusion.

Frédéric Foubert
AFFICHE
2
Made in Bangladesh

Made in Bangladeshappartient à la catégorie des films à sujet inattaquable qui peuplent les palmarès des festivals (cf. Cannes 2019), et dont la sincérité de ceux qui les réalisent ne souffre d’aucune discussion. La réalisatrice dépeint ici le combat d’une jeune femme employée d’une usine de textile bangladaise, aux conditions de travail déplorables. Malgré la pression menaçante de son employeur et l’opposition de son mari, elle va tenter d’y créer un syndicat.

Thierry Chèze
AFFICHE
3
Ceux qui nous restent

Début 2013. Le personnel du Méliès, le cinéma public de Montreuil, entre en grève pour protester contre la suspension jugée abusive de quatre de ses salariés. Un long bras de fer commence entre les employés et la mairie, conquise cinq ans plus tôt par Dominique Voynet... Dans la longue lignée des documentaires consacrés à des mouvements sociaux vécus de l’intérieur, Ceux qui nous restentalterne les scènes collectives (de lutte, de réflexion, de rencontres avec les spectateurs, de séances publiques) et les moments plus intimes.

Christophe Narbonne
AFFICHE
4
Le meilleur reste à venir

Le tandem Delaporte-De La Patellière n’a pas arrêté depuis le succès du Prénom, en 2012. Dans l’intervalle, les deux auteurs ont été appelés au chevet de Papa ou Maman (dont ils ont musclé le scénario de départ, écrit la suite et showrunné la série), écrit à quatre mains Un illustre inconnu (réalisé en solo par Matthieu) et signé deux pièces de théâtre (Un dîner d’adieuTout ce que vous voulez).

Christophe Narbonne
AFFICHE
4
Le meilleur reste à venir

Le tandem Delaporte-De La Patellière n’a pas arrêté depuis le succès du Prénom, en 2012. Dans l’intervalle, les deux auteurs ont été appelés au chevet de Papa ou Maman (dont ils ont musclé le scénario de départ, écrit la suite et showrunné la série), écrit à quatre mains Un illustre inconnu (réalisé en solo par Matthieu) et signé deux pièces de théâtre (Un dîner d’adieuTout ce que vous voulez).

Christophe Narbonne
AFFICHE
3
Les Reines de la nuit

Les « reines de la nuit », ce sont ces transformistes filmés par la documentariste Christiane Spièro, à la fois sur scène (costumés et sublimés en Dalida, Sylvie Vartan, Amy Winehouse, Liza Minnelli…) et à la ville, une fois démaquillés, à nu, sans public ni prejecteur. « Chez les transformistes, il y a des hommes virils, des efféminés, des “un peu ou beaucoup” opérés, des transgenres, des transsexuels, des jeunes, des vieux, des beaux, des laids, des maigres, des gros », explique la réalisatrice.

Frédéric Foubert
affiche chanson douce
2
Chanson douce

Adapter, c’est trahir. Encore plus quand il s’agit d’un prix Goncourt récent très médiatisé. Et, dès les premières minutes de ce Chanson douce, on perçoit que Lucie Borleteau a décidé de suivre ce principe pour raconter la relation entre un couple avec deux enfants en bas âge et la nounou qu’ils ont engagée. Une perle rare dévouée et consciencieuse dont les réactions vont devenir de plus en plus angoissantes.

Thierry Chèze
GALERIE
2
L'Orphelinat

Trois ans après le remarquable Wolf and Sheep, l’Afghane ShahrbanooSadat continue à raconter son pays par le prisme de l’enfance. Cap sur Kaboul, en 1989, époque charnière entre la fin du régime prosoviétique et la prise de pouvoir par les moudjahidine. Qodrat, gamin débrouillard, gagne sa (sur)vie en trafiquant des tickets de cinéma avant de se faire arrêter et d’être conduit dans cet « orphelinat ». À l’ambiance onirique de Wolf and Sheep succède ici une forme bien plus passe-partout qui ne transcende jamais le fond de son propos.

Thierry Chèze
GALERIE
2
Indianara

Présenté dans la sélection de l’ACID au dernier Festival de Cannes, ce documentaire suit deux ans du quotidien de la Brésilienne Indianara Siqueira, une militante LGBT qui a ouvert un lieu de refuge pour les trans à Rio. Aude Chevalier-Beaumel et Marcelo Barbosa la filment sous la mandature du président Michel Temer, prédécesseur de Bolsonaro, où les droits des LGBT avaient déjà régressé. Glissant leur caméra au coeur des préparations de manifs, des cortèges et des fêtes, mais aussi d’enterrements, le tandem donne à voir une vie arc-en-ciel.

Sophie Benamon
AFFICHE
2
Tenzo

Drôle d’objet que ce Tenzo à mi-chemin entre le documentaire, la fiction plus ou moins assumée et le spot publicitaire pour la culture zen. Le spectateur passe ainsi son temps à essayer de démêler le pourquoi du comment et n’écoute que d’une oreille distraite ce qui est censé se jouer. À moins que le portrait en miroir de ces deux bonzes de l’école bouddhiste de Sôtô au Japon (une référence mondiale et ancestrale en matière de zen) ne lui passe gentiment au-dessus de la tête.

Thomas Baurez
AFFICHE
2
Last Christmas

C’est une rencontre au sommet : un scénario d’Emma Thompson porté à l’écran par Paul Feig (Mes meilleures amies), qui sait faire briller les personnages féminins. Une comédie romantique de Noël où, alors que le monde entier semble se liguer contre elle, une jeune femme rencontre à Londres un garçon qui semble lire en elle comme dans un livre ouvert et dont elle va tomber amoureuse. À la manière de Music of my Life avec Bruce Springsteen, le scénario malin (jusque dans son twist final bien amené) joue avec les chansons de George Michael.

Thierry Chèze
AFFICHE
4
Proxima

À chaque film, Alice Winocour aime explorer de nouveaux territoires. Son premier long, Augustine racontait les relations entre le professeur Charcot et sa patiente atteinte d’hystérie dans la France de la fin du XIXe siècle. Son deuxième, Maryland, était un thriller paranoïaque centré sur la relation entre un garde du corps atteint de stress post-traumatique à son retour d’Afghanistan et la femme qu’il devait protéger.

Sophie Benamon
affiche à couteaux tirés
4
À couteaux tirés

Depuis Les 8 Salopards et le remake du Crime de l’Orient-Express par Kenneth Branagh, il semblerait que le « film Cluedo » soit de nouveau à la mode. Un drôle de genre, aux contours un peu flous (ses représentants vont du Limier à Huit Femmes) et dont on ignore jusqu’au nom (whodunit ? murder mystery ?). On sait juste que, de loin, il sent l’encaustique et le défilé d’acteurs célèbres en pull de Noël.

Frédéric Foubert
AFFICHE
0
The Darkest

Sur un sujet approchant ceux de Midsommar et de Koko -Di Koko-Da (un couple désuni est éprouvé lors d’un séjour qui vire au cauchemar), The Darkest démontre l’incapacité récurrente des cinéastes français à jouer avec le genre. L’absence de moyens, ici patente, n’explique pas tout -l’exemple ancien de Blair Witch Project a prouvé qu’elle pouvait même être un atout. Il n’y a dans The Darkest aucun élément susceptible de provoquer le frisson.

Christophe Narbonne
AFFICHE
3
Sympathie pour le diable

Peu après Camille de Boris Lojkine, les reporters de guerre ont de nouveau les honneurs du grand écran avec ce premier long centré sur une légende du métier : Paul Marchand (Niels Schneider, remarquable) plongé dans le quotidien sanglant de la guerre en ex-Yougoslavie en 1992. Un homme intègre, engagé et cassant envers ses collègues trop prompts à se mettre en scène pour raconter l’horreur. Lui ne transige pas avec son sens du devoir.

Thierry Chèze
AFFICHE
3
Freedom

Pour son premier long, l’Australien Rodd Rathjen s’offre un double défi : un sujet imposant (l’exploitation humaine moderne) dans une culture qui n’est pas la sienne (l’action se déroule au Cambodge). Et sa réussite n’en est que plus remarquable. Freedom raconte la quête d’indépendance d’un Cambodgien de 14 ans qui, étouffant dans la rizière où il travaille avec sa famille, aspire à un autre horizon : un boulot mieux payé dans une usine en Thaïlande. Mais il ne verra jamais ce singulier eldorado. Piégé par son passeur, il est vendu comme esclave à un capitaine de chalutier.

Thierry Chèze
AFFICHE
3
Wonder Boy, Olivier Rousteing, né sous X

Directeur artistique de la maison Balmain dont chaque défilé est un événement, Olivier Rousteing est l’une des figures majeures de la mode française. Il n’a donc pas usurpé le surnom de wonder boy, qui donne son titre à ce documentaire. Mais derrière ce faste et ce glamour, Olivier Rousteing a longtemps caché une faille de plus en plus béante au fil du temps : ce petit garçon noir a été adopté par une famille bordelaise blanche à l’âge d’un mois. Et il décide, la trentaine passée, d’entreprendre les démarches pour retrouver ses parents biologiques.

Thierry Chèze