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Les Baronnes

L’odyssée sanglante et bariolée de trois femmes criminelles dans le New York des années 70 : cliché mais plaisant.

Sylvestre Picard
Affiche Roubaix une lumière
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Roubaix, une lumière

Arnaud Desplechin est de retour chez lui, à Roubaix, et pourtant nous ne sommes pas tout à fait en terrain connu. Un peu comme si le cinéaste de Comment je me suis disputé et d’Un conte de Noël, voulait marcher sur les plates-bandes d’Olivier Marshal. Un commissariat, la nuit, un flic fatigué mais expérimenté (Roschdy Zem, au charisme ahurissant), un nouveau venu en quête d’absolu et de vérité intérieure (Antoine Reinartz tout en mesure) et au dehors, une misère sociale qui offre son lot de détresse et de faits qui à force d’être trop divers, ne le sont plus vraiment.

Thomas Baurez
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Once upon a time... in Hollywood

Est-ce qu’on est là pour rigoler ? Est-ce qu’on est vraiment là pour rigoler ? Eux s’amusent, Brad et Leo, comme il se doit quand on est chez Tarantino, la maison des bons mots et des bonnes chansons, l’endroit où le cinéma triomphe et où la pop culture plie le réel à sa volonté. Dans Once upon a time...

Guillaume Bonnet
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Le mystère des pingouins

L’apparition inopinée d’insaisissables pingouins dans une petite ville japonaise met en émois ses habitants, en particulier le petit Aoyama qui, aidée de deux camarades d’école et d’une pulpeuse assistante dentaire (!), va essayer d’en percer le mystère... Comme l’impression d’avoir un peu vu mille fois cet anime fantastico-absurde au design conventionnel et aux obsessions régressives (le héros de neuf ans fantasme sur les grosses poitrines...) qui le rangent dans une sorte de catégorie B du genre. Pour les fans uniquement.

Christophe Narbonne
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Je promets d'être sage

Il règne une joyeuse amoralité dans ce premier long métrage. Comme un refus des personnages d’obéir à l’injection de son titre. Un metteur en scène en plein burn out qui a tout plaqué pour devenir gardien de musée loin de la capitale et une de ses nouvelles collègues caractérielle s’y allient, malgré leurs tempéraments aux antipodes, pour fomenter une escroquerie. Entre Pio Marmaï et Léa Drucker, qui les incarnent avec un irrésistible brin de dinguerie malicieuse, l’osmose, en mode screwball comedy, est totale.

Thierry Chèze
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Perdrix

C’est l’éternelle histoire d’un homme et d’une femme que tout ce qui sépare va rapprocher. Un flic à la peine pour exprimer ses sentiments et une jeune femme qui fuit toute attache. Pour son premier long, Erwan Le Duc s’aventure dans le genre codifié de la comédie romantique, qu’il dynamite avec une imagination sans limite et une maîtrise rare, dans la composition de ses cadres comme dans l’écriture de ses personnages.

Thierry Chèze
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Le gangster, le flic & l'assassin

out le monde KO. Du bruit, de la fureur et une jouissance extrême.

Pierre Lunn
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Nuits magiques

L’Italien Paolo Virzi (Folles de joie) fait ici son Amarcord. Dans cette chronique romaine centrée sur trois jeunes scénaristes, il livre une vision cruelle et ironique sur le monde du cinéma italien d’il y a trente ans. L’histoire se déroule à l’été 1990, en pleine Coupe du monde de football. En quelques jours, ses jeunes héros idéalistes, finalistes d’un prix pour un de leurs scénarios, vont perdre toutes leurs illusions au contact des vieux barbons du cinéma italien et de leurs habitudes cyniques.

Sophie Benamon
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L'Intouchable, Harvey Weinstein

La déflagration remonte à un article du New-York Times du 5 octobre 2017 avant que cinq jours plus tard, dans le New-Yorker, Ronan Farrow ne détaille avec encore plus de précisions et de témoignages l’ignominie des faits.

Thierry Chèze
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Fast & Furious : Hobbs & Shaw

18 ans. 18 ans que la franchise Fast & Furious roule des mécaniques, traçant à cent à l’heure sur le macadam brûlant aux quatre coins du globe. 18 ans que l’on suit les aventures de la "famille" Toretto. La saga motorisée et ses 8 films (bientôt 9, sûrement 10 !) commence pourtant à serrer le moteur. Trop caricaturale, trop faussement fun, trop over the top. Et si Vin Diesel et ses petits potes avaient fait leurs temps ?

François Rieux
Playmobil le film affiche
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Playmobil, le film

En 2014, La Grande Aventure LEGO a raflé la mise. Le duo Lord-Miller y a réussi l’impossible : imaginer un film à partir des figurines LEGO en respectant le cahier des charges inhérent à ce type de productions (multiplier au maximum les univers traversés pour écouler... le maximum de jouets) tout en y faisant souffler un vent savoureusement irrévérencieux. Un détournement en règle, qui a forcément ravi les adultes sans jamais délaisser le premier degré ludique prisé par les enfants. Un coup de génie qu’aucune suite n’a su reproduire depuis.

Thierry Chèze
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Une grande fille

Dans le Leningrad de 1945 ravagé par la guerre, l’amitié de deux femmes, Masha et Iya, ayant servi dans l’armée soviétique et liées par un drame terrible. Il y a un véritable sens de la grandeur chez le jeune Kantemir Balagov (il faut rattraper son premier long, Tesnota – Une vie à l’étroit, sorti l’an passé), du sang, des larmes, un propos terrassant sur la place des femmes au front pendant la « Grande Guerre patriotique »... Mais alors, qu’est-ce qui ne va pas ?

Sylvestre Picard
Affiche Midsommar 2
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Midsommar

De loin, Midsommar ressemblerait presque à l’antithèse absolue d’Hérédité, le film qui a propulsé son auteur Ari Aster en nouveau maître de la terreur filmique il y a à peine plus d’un an : ouvertement solaire et lumineux alors que le premier errait dans l’obscurité et les ténèbres, aéré et champêtre quand l’autre jouait la carte de la réclusion claustro, centré sur l’histoire d’un couple de millenials et non plus sur la transmission du mal au sein d’une famille nucléaire

Frédéric Foubert
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Mon frère

Après La cité rose, Julien Abraham poursuit son exploration de la jeunesse. Mon Frère traite des mineurs envoyés dans des centres éducatifs fermés. Le film aborde le sujet avec réalisme porté par la prestation des jeunes et pose la question de la spirale de la violence. Est-ce véritablement dans ce genre d’endroits qu’un mineur peut échapper à la délinquance ? Le cinéaste nous fait aussi découvrir une discipline novatrice pour aider les jeunes, la psycho-boxe. Le rappeur MHD et le nouveau venu Darren Muselet sont parfaits de justesse dans les rôles principaux.

Sophie Benamon
Ricordi Affiche
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Ricordi ? - Les souvenirs

Neuf ans après le très beau Dix Hivers à Venise, Valerio Mieli entreprend de raconter une autre histoire d’amour – de la rencontre à la rupture – à travers les souvenirs contradictoires des deux protagonistes (à la manière de la série The Affair ou de The Disappearence of Eleanor Rigby), mais sans aucun ordre chronologique. La temporalité de ce qui se déroule sous nos yeux ne se devine que par le jeu sur les couleurs racontant l’évolution intérieure de chaque personnage. Cette exploration de l’insondable mystère amoureux ne manque pas d’ambition.

Thierry Chèze
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Comme des bêtes 2

Souvenez-vous : en 2016, on découvrait les délires secrets des animaux de compagnie de Manhattan sous la houlette de Chris Renaud, coréalisateur, avec Pierre Coffin, de Moi, moche et méchant. Un film né d’une interrogation toute simple de Chris Meledandri, le créateur des studios Illumination, en observant ses propres chiens et chats : mais que peuvent-ils donc bien fabriquer une fois que leurs maîtres ont le dos tourné et les laissent seuls pour la journée ? Et le carton planétaire de ce Comme des bêtes (plus de 875 millions de dollars) appelait forcément une suite.

Thierry Chèze
Diego Maradona affiche
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Diego Maradona

On attendait forcément beaucoup de ce Diego Maradona, le nouveau documentaire d’Asif Kapadia, auteur des passionnants portraits de deux autres grands brûlés de la vie, Ayrton Senna et Amy Winehouse. Et, au risque de spoiler d’emblée cette critique, le résultat, découvert hors compétition lors du dernier Festival de Cannes, se situe bien au-delà de cette attente. Davantage en tout cas que le Maradona d’Emir Kusturica, qui racontait plus le cinéaste serbe que le footballeur argentin.

Thierry Chèze
Halte - affiche (Lav Diaz)
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Halte

Avec le cinéma du Philippin Lav Diaz, nulle autre option que de se laisser embarquer. Halte dure 4 h 39. C’est forcément un voyage. Celles et ceux qui le feront n’oublieront pas la traversée. Nous sommes en 2034, des éruptions volcaniques à répétition empêchent le soleil de se coucher et de se lever sur l’Asie du Sud-Est. Cette longue nuit n’est pas tendre avec une population philippine qui vit sous le joug d’un dictateur totalement timbré.

Thomas Baurez
GALERIE
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Rêves de jeunesse

Issu du cinéma underground, expérimental et contestataire, Alain Raoust signe avec Rêves de jeunesse son premier film depuis 2007 (L’Été indien). On y suit le parcours désabusé de Salomé, jeune femme paumée qui accepte un job d’été dans une déchetterie près d’un village où elle vécut jadis. Sur place, son passé militant refait surface à travers la rencontre avec le frère de son amour de jeunesse, dont elle découvre la mort accidentelle.

Christophe Narbonne
affiche Les faussaires de Manhattan
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Les faussaires de Manhattan

Longtemps, la petite entreprise de Lee Israel n’a pas connu la crise. Auteure à succès des années 70 et 80, elle avait su trouver la parade alors que la chute des ventes de ses livres l’avait conduite vers la dèche : rédiger de fausses correspondances entre écrivains célèbres qu’elle revendait à prix d’or à des collectionneurs. Un jeu d’enfant pour elle, qui était passée maître dans l’imitation du style de ses congénères, jusqu’au jour où le FBI mit son nez dans son business...

Thierry Chèze
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Promare

Dans le futur, une équipe de pompiers nommée Burning Rescue et équipée d’un arsenal impressionnant (armures de combat, drones et lance-glaces) lutte contre les Mad Burnish, des mutants devenus capables de manier les flammes après une épidémie mondiale. Résumer Promare est forcément bien en-deçà de l’expérience de cinéma qu’il propose.

Sylvestre Picard
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Manta Ray

Sacré meilleur film de la section Orizzonti à la Mostra 2018, ce premier long métrage du directeur de la photo thaïlandais Phuttiphong Aroonpheng réussit à maintenir tout au long de son récit volontairement nébuleux un équilibre toujours délicat entre poétique et politique. Il s’ouvre par la découverte, dans une forêt, d’un homme blessé et inconscient par un pêcheur islandais qui le soigne et lui offre son amitié. Avant qu’un beau jour celui- ci disparaisse mystérieusement et que, petit à petit, l’étrange étranger muet semble peu à peu prendre sa place.

Thierry Chèze
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Give me liberty

Après son passage par Cannes, le deuxième long métrage du coscénariste de Gabriel et la montagne déboule en salles : Give me liberty a des allures de grenade dégoupillée dont rien ne calmera les effets explosifs. Un After Hours tout en bruit et fureur au coeur de l’Amérique invisible, celle des laissés-pour-compte dont s’occupe son personnage central, un jeune Américain d’origine russe, chauffeur d’un minibus pour handicapés.

Thierry Chèze
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Sun

Cette comédie trépidante raconte les tribulations parisiennes de Sunil Pratham – Sun pour les intimes –, trentenaire débrouillard d’origine indienne qui décide de monter sa propre société de coursiers. Mais l’arrivée inopinée d’un de ses cousins, un joueur de sitar venu à Paris pour tenter sa chance, va chambouler ses plans tout en lui permettant de renouer avec ses racines. Sun tient beaucoup sur l’énergie de son interprète, Tewfik Jallab.

Sophie Benamon
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Daniel Darc, pieces of my life

En vrai punk, Daniel Darc (1959-2013) a tout fait à fond et brûlé ce qui menaçait de l’asservir, à commencer par le succès rencontré à la fin des années 70 avec le groupe Taxi Girl. En solo, le chanteur écorché aura traversé des déserts avant son retour en grâce en 2004 avec l’album Crèvecoeur. Ces balises biographiques, les réalisateurs Marc Dufaud et Thierry Villeneuve s’en foutent un peu. Un homme n’étant pas réductible à sa fiche Wikipédia, ce portrait, riche des propres archives filmées d’un des réalisateurs, permet de partager des moments intimes avec Darc.

Thomas Baurez
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Factory

Des ouvriers prennent en otage leur patron et se retranchent dans l’usine que ce dernier vient de mettre en faillite. Dehors, les hommes de main de l’oligarque préparent l’assaut... Sur le papier, Factory a tout pour plaire : un propos antilibéral dans l’air du temps et une atmosphère virile d’actioner en milieu fermé.

Christophe Narbonne
ils reviennent vuelven affiche
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Ils reviennent...

Sous influence bien digérée de Guillermo del Toro, un conte social fantastique aussi poétique que sombre sur le Mexique gangrené par les cartels.

Thierry Chèze
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The Operative

Il y a du John Le Carré dans ce thriller d’espionnage qui met face à face Israéliens et Iraniens. Yuval Adler avait déjà, dans son premier film, Bethléem (2013), creusé les paradoxes des officiers sous couverture. Ici, il s’intéresse à Rachel, une recrue du Mossad chargée d’une délicate mission d’espionnage industriel en Iran. Elle va découvrir un pays qu’elle n’imaginait pas. Dans The Operative, la forme est classique, le récit a un air de déjà-vu.

Sophie Benamon
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Le voyage de Marta

Pour celles et ceux qui s’apprêtent, indolents, à poser leurs serviettes sur des transats dans un hôtel luxueux à l’abri des bruits du monde extérieur, ce film n’est pas pour vous. Ou plutôt si. Il pourrait bien servir de rappel à l’ordre. Soit l’histoire de Manel (Sergi Lopez) qui emmène son fils et sa fille, Marta (Elena Andrada), dans un resort au Sénégal. Transat, mojito à toute heure, baignade, all inclusive… Sauf que Marta, 17 ans, voit bien que personne ne fait attention aux jeunes femmes et jeunes hommes africains qui s’assurent discrètement que le client est bien roi.

Thomas Baurez
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Le voyage de Marta

Pour celles et ceux qui s’apprêtent, indolents, à poser leurs serviettes sur des transats dans un hôtel luxueux à l’abri des bruits du monde extérieur, ce film n’est pas pour vous. Ou plutôt si. Il pourrait bien servir de rappel à l’ordre. Soit l’histoire de Manel (Sergi Lopez) qui emmène son fils et sa fille, Marta (Elena Andrada), dans un resort au Sénégal. Transat, mojito à toute heure, baignade, all inclusive… Sauf que Marta, 17 ans, voit bien que personne ne fait attention aux jeunes femmes et jeunes hommes africains qui s’assurent discrètement que le client est bien roi.

Thomas Baurez