AFFICHE
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Hors normes

Une incroyable réussite qui, en s’emparant d’un sujet grave (l’autisme), impose un peu plus le cinéma de Toledano-Nakache.

Sophie Benamon
The Irishman 2
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The Irishman

Ce qui s’annonçait comme une dernière virée en forme de coup de jeune pour les rois du film de mafia se révèle une longue rumination pleine de douleur, de vieillesse et de regrets.

Guillaume Bonnet
Maléfique 2
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Maléfique : Le Pouvoir du Mal

Jessica Rabbit disait "je ne suis pas mauvaise, je suis juste dessinée comme ça", et le premier Maléfique, sorti en 2014, semblait découler de cette réplique en renversant de façon rigolote les archétypes Disney : son méchant originel, le modèle de tous les méchants du studio, Maléfique, devenait la belle-mère malgré elle de la princesse Aurora, victime de la violence des hommes sur les femmes -sa mutilation des ailes de fée noire était une métaphore à peine voilée du viol.

Sylvestre Picard
Shaun le Mouton Le Film : La Ferme Contre-Attaque
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Shaun le mouton - La ferme contre-attaque

Quatre ans après ses premiers pas sur grand écran où il s’aventurait dans la grande ville et ses pièges à tous les coins de rue, Shaun le mouton est de retour au cinéma… mais joue cette fois-ci à domicile ! Car c’est à deux pas de sa ferme que vient s’écraser un vaisseau spatial d’où s’échappe une malicieuse créature extra-terrestre que le troupeau va protéger contre une inquiétante organisation gouvernementale.

Thierry Chèze
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Matthias et Maxime

Attendu comme le loup blanc au dernier Festival de Cannes après la déconvenue anglo-saxonne de Ma vie avec John F. Donovan, Xavier Dolan revenait en costard sur des bases plus modestes. Matthias & Maxime est vendu comme un film de potes, un Petits Mouchoirs propre à faire le point sur la vie et les blessures intimes qui vont avec. Dolan, derrière et devant – c’est là aussi un retour, six ans après Tom à la ferme –, apparaît sur l’écran avec une tache de vin sur le visage dans une sorte d’hommage inattendu à Mikhaïl Gorbatchev.

Thomas Baurez
Angry Birds 2 : Copains comme cochons
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Angry birds : Copains comme cochons

Sorti en 2016, le premier Angry Birds avait été une agréable surprise dans la mesure où l’on n’attendait pas monts et merveilles de cette adaptation d’un jeu vidéo. On pourrait dire la même chose de cette suite dans laquelle les oiseaux et leurs irréductibles ennemis cochons font alliance pour lutter contre une menace inconnue, située sur une troisième île. La “dramaturgie” se concentre sur Red, le héros volatile du premier volet, cette fois confronté à la perte de son influence et à une histoire d’amour possible avec une congénère surdouée.

Christophe Narbonne
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L'angle mort

Une boîte dans les années 70 : du funk à fond, de la fumée, et un bébé dans un berceau qui disparaît par intermittence. En quelques plans, la scène d’ouverture de L’Angle mort met en scène l’origin story d’un superhéros avec une finesse inouïe, qui rappelle quand même drôlement quelque chose. Non ? C’est, à peu de choses près, la même scène d’ouverture que celle d’Incassable, avec de la musique à la place du miroir dans lequel M. Night Shyamalan inscrivait le destin de son héros.

Sylvestre Picard
affiche Camille
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Camille

Révélé en 2014 avec l’excellent Hope, Boris Lojkine consacre son deuxième long métrage de fiction au destin brisé de Camille Lepage, photojournaliste assassinée à seulement 26 ans en Centrafrique en 2014. Transcendant la notion de simple biopic, Camille est avant tout le récit initiatique d’une jeune femme idéaliste convaincue de l’importance de raconter les populations oubliées de ce monde et de leur venir en aide, malgré la complexité et la violence des guerres civiles qui les déchirent.

Thierry Chèze
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Martin Eden

Adapter le roman culte de Jack London tient de la gageure. Personne ne s’y est d’ailleurs essayé au cinéma depuis 1942. Mais Pietro Marcello relève ici brillamment le défi en conservant l’âme de l’oeuvre tout en la trahissant. Le personnage central reste un marin prolétaire (Luca Marinelli, impressionnant) qui, pour l’amour d’une jeune bourgeoise (Jessica Cressy, épatante) et grâce à la culture, transcende sa classe sociale, rongé par le sentiment de trahir ses origines.

Thierry Chèze
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Fahim

L’histoire vraie de Fahim Mohammad, qui débarque à Créteil à 12 ans, fuyant son Bangladesh natal avec son père. Petit génie des échecs, Fahim va intégrer l’équipe de Créteil sous la direction de Sylvain, un prof bourru, impressionnant et bon vivant -normal, puisqu’il est joué par Gérard Depardieu. Le film de Pierre-François Martin-Laval alterne moments gênants et réjouissants passages sur l’enseignement du jeu des rois suivant la méthode Depardieu.

Sylvestre Picard
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La bonne réputation

Sofia a trois enfants et baigne dans une vie d’oisiveté et de luxe grâce à la rente de la société de son mari, héritier. Jusqu’à ce début des années 80 où la crise frappe de plein fouet la haute bourgeoisie mexicaine et la pousse à tenter de sauvegarder l’essentiel à ses yeux : les apparences. Alejandra Marquez Abella signe un portrait vachard de cette élite d’hier qui ressemble comme deux gouttes d’eau à celle d’aujourd’hui.

Thierry Chèze
affiche little monsters
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Little monsters

Sur le papier, Little monsters coche toutes les bonnes cases de la comédie d’horreur cintrée, façon Shaun of the Dead. On y suit les mésaventures d’une instit’ (super Lupita Nyong’o) et d’un parent d’élève (Alexander England) coincés avec des enfants dans une gigantesque ferme cernée par des zombies, échappés du camp militaire voisin. La bonne idée du film est de faire croire aux enfants qu’ils participent à un jeu éducatif ! On chante, on danse parmi les zombies (très lents) en foutant un coup de pelle de temps en temps ou en les embrochant pour rire à la fourche.

Christophe Narbonne
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Warrior Women

Il y a deux fameuses Madonna aux États-Unis. La chanteuse et Madonna Thunder Hawke, une activiste indienne qui milite depuis les années 60-70 au sein de l’AIM (American Indian Movement) pour la préservation de l’identité et de la culture des Natives. Une personnalité admirable à laquelle ce fantastique documentaire rend hommage et, à travers elle, à toutes ces femmes indiennes, à l’origine de la résistance contre l’oppresseur blanc.

Christophe Narbonne
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Joker

N’en déplaise aux pessimistes persuadés que les studios hollywoodiens ont définitivement rendu les armes côté ambition artistique, les yeux rivés sur les recettes de leurs films devenus produits, il est donc possible de regarder un film centré sur un personnage de comics sans devoir se fader des déluges d’effets spéciaux comme on essaie de noyer une viande avariée sous une sauce épaisse.

Thierry Chèze
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La fameuse invasion des ours en Sicile

L’illustrateur italien, Lorenzo Mattotti, n’avait jusqu’ici fait qu’un petit pas dans la réalisation avec un des segments du film collectif gothique Peur(s) du noir. Il passe ici à la vitesse supérieure et signe un véritable coup de maître avec son premier long. La Fameuse Invasion des ours en Sicile est l’adaptation d’une nouvelle de Dino Buzzati, publiée en 1945. Léonce, roi des ours, au désespoir d’avoir vu son fils enlevé par des chasseurs, part le chercher chez les hommes en bas de la montagne, où les humains belliqueux vont se mettre en guerre contre les animaux pacifiques.

Sophie Benamon
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Quelle folie

Son ami depuis quinze ans, Diego Governatori consacre un documentaire à Aurélien, atteint du syndrome autistique d’Asperger. Et ce en lui donnant la parole pour qu’il raconte la rage qui l’anime, née de cette difficulté à incorporer les codes régissant les interactions sociales qui le condamne à une certaine solitude. Aurélien est volubile et Governatori capte la libération du chant de colère et d’espoir, toujours à bonne distance.

Thierry Chèze
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Chambre 212

Qui a dit que seuls les hommes étaient volages ? Dans le nouveau film de Christophe Honoré, découvert dans la section Un certain regard en mai dernier à Cannes, c’est son héroïne, Maria (Chiara Mastroianni), qui se révèle être une serial croqueuse d’hommes, seul moyen à ses yeux de faire durer son couple de 20 ans peu à peu gangrené par l’habitude. À condition bien sûr de le faire en douce.

Thierry Chèze
AFFICHE
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La grande cavale

Dans le village de Morneville, une bande d’animaux bien dingos lutte contre un voleur de tableaux retors... Ce n’est pas grâce à son animation –un peu trop rigide et datée malgré quelques beaux effets de matière – que le film marque des points, mais grâce à son character design tout en décalage et jouant avec les clichés : un âne qui se fait passer pour un zèbre, une chatte qui se croit agent secret, un chien de garde qui n’est pas un dur, un coq qui refuse d’engrosser la basse-cour...

Sylvestre Picard
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Papicha

La résistance à l’intégrisme se niche souvent dans les contrastes. Retourner par exemple s’attabler en terrasse après les attentats de novembre 2015 pour montrer aux fanatiques que faire régner leur ordre barbare par la peur était peine perdue. Le premier long de Mounia Meddour obéit à cette même idée de lutte par un biais en apparence futile : l’organisation d’un défilé de mode dans l’Algérie des années 90 dominée par la montée en puissance des islamistes du FIS. Nedjma, la papicha (« jolie fille » en français) du film, veut vivre sa vie sans se soucier de ce ciel qui s’assombrit.

Thierry Chèze
AFFICHE
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Pour Sama

C’est un de ces sujets qui font régulièrement la une des médias mais que le temps long du cinéma permet d’approfondir. Quelques mois après le remarquable Still Recording, Pour Sama nous plonge lui aussi à l’intérieur de la guerre civile syrienne. Et ici, « à l’intérieur » ne sont pas des vains mots. Puisque sa coréalisatrice Waad al-Kateab a filmé sa vie de résistante au régime de Bachar el-Assad mais aussi de femme amoureuse et de jeune maman tout au long du siège d’Alep, la bataille la plus sanglante de ce conflit sans fin.

Thierry Chèze
GALERIE
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On va tout péter

2017. Pendant neuf mois, en discontinu, Lech Kowalski a filmé le combat des ouvriers de GM&S pour la sauvegarde de leurs emplois. Au plus près des grévistes, lors des assemblées ou des opérations coup de poing, ce passionnant documentaire en immersion s’interroge en filigrane sur la notion de combat dans notre société de consommation qui valorise l’individu au détriment du collectif. « Est ce que les consommateurs sont prisonniers des entités qui leur fabriquent des choses ? » La réponse des ouvriers de GM&S, précurseurs des Gilets Jaunes, est clairement non.

Christophe Narbonne
AFFICHE
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Donne-moi des ailes

Après la Sibérie de L’Odyssée sauvage ou la campagne solognaise de L’École buissonnière, Nicolas Vanier nous emmène dans les airs aux côtés des oies sauvages. Un ornithologue s’est mis en tête d’apprendre aux oies un nouvel itinéraire de migration car celui dont elles ont l’habitude les fait passer au-dessus d’endroits fréquentés par des chasseurs ou au-dessus des villes et de leurs fils électriques. L’histoire est vraie, inspirée du parcours de Christian Moullec, un scientifique qui vole avec des oiseaux en voie de disparition afin de les sauver.

Sophie Benamon
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Nos défaites

Les films tournés par des lycéens ont toujours une fraîcheur indéniable : invité l’an dernier par la ville d’Ivry-sur-Seine pour initier des jeunes au cinéma, le cinéaste Jean-Gabriel Périot (Une jeunesse allemande) leur a proposé, pour son nouveau film, de reproduire plusieurs fois de suite les scènes de classiques post-Mai 68 (La Reprise du travail aux usines Wonder de Jacques Willemont, La Chinoise de Jean-Luc Godard, Camarades de Marin Karmitz) puis de les interroger face caméra sur des termes de ces scènes : c’est quoi la lutte des classes ?

Sylvestre Picard
Soeurs d'armes (2019)
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Sœurs d'armes

Il y a ici deux histoires qui avancent en parallèle avant de se rejoindre. D’abord, le récit de Zara, une jeune Kurde qui voit son père exécuté par les djihadistes, devient l’esclave sexuelle d’un converti barbu et décide de prendre sa revanche. Puis, il y a le parcours de quelques combattantes internationales kurdes, françaises, italiennes, israéliennes et même américaines. Elles sont engagées volontaires et n’ont qu’un seul point commun : la haine du djihadiste qu’elles vont éliminer par tous les moyens (kalach, couteau, lance-roquettes ou grenade).

Gael Golhen
AFFICHE
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Tout est possible

À quoi tient un destin ? Pour le couple formé par John et Molly Chester, il tient à leur chien, devenu persona non grata dans leur immeuble. Ils quittent alors Los Angeles, cap sur la campagne et se lancent dans le développement d’une ferme écoresponsable. Tout est possible raconte ce changement de vie de l’intérieur, puisqu’il est filmé par John Chester lui-même (réalisateur avant d’être d’agriculteur), comme une chronique de leurs aventures riches en émotions.

Thierry Chèze
Gemini Man affiche
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Gemini Man

Un train lancé à trois cent à l’heure, un sniper qui l’attend planqué dans la campagne ensoleillée : Ang Lee utilise la scène d’introduction de Gemini Man comme une porte d’entrée pour immerger son public dans son monde. Voilà le cadre, voilà les règles du jeu.

Sylvestre Picard
AFFICHE
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Alice et le maire

Le maire socialiste de Lyon est au bout du rouleau (toute ressemblance avec Gérard Collomb...), à court d’idées neuves. Pour se relancer et stimuler ses neurones, il décide de faire appel à une jeune philosophe, étrangère aux manœuvres politiciennes et animée de ses seules idées progressistes. On sait depuis son premier long, l’excellent Le Grand Jeu, que Nicolas Pariser est passionné par la chose publique, ses arcanes, ses enjeux personnels et nationaux.

Christophe Narbonne
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Atlantique

Un premier long est souvent le rendez-vous d’un trop-plein d’envies, au cas où il n’y ait jamais de deuxième fois. Bien que récompensé du Grand Prix à Cannes cette année, le film de Mati Diop n’évite pas cet écueil. Atlantique démarre en effet comme un quasi-documentaire sur une réalité tragique : ces Africains qui quittent leurs pays sur des embarcations de fortune, voués à une mort presque certaine dans l’Atlantique en rêvant d’un monde meilleur en Europe. Parmi eux, il y a Souleiman, éperdument amoureux d’Ada, promise à un autre.

Thierry Chèze
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Bonjour le monde !

Récompensée en 2015 du Cristal de la meilleure production télé au festival d’Annecy, la série d’animation Bonjour le monde !, vue sur France 5, débarque sur grand écran. En 70 minutes, ce long métrage explore, par le biais de marionnettes en papier mâché prenant vie en stop motion, le quotidien de dix espèces animales (brochet, castor, hibou...) vivant dans le même milieu naturel, entre eaux et forêts. À destination des tout-petits, Bonjour le monde !entend sensibiliser le jeune public à la préservation de la nature et l’équilibre des écosystèmes.

Thierry Chèze
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Psychomagie, un art pour guérir

D’emblée, Alejandro Jodorowsky met les points sur les i : la « psychomagie » qu’il décrit dans ce documentaire (produit par financement participatif) n’est pas une science ni une psychiatrie, mais une méthode pour faire affronter à ses « patients » leurs traumas (familiaux, bien sûr) profondément enfouis. Sa psychomagie suit les principes de la magie sympathique : ce n’est pas la magie qui vous paye un verre en fin de soirée, mais celle qui utilise le semblable pour agir sur le semblable.

Sylvestre Picard