Meurs, monstre, meurs : Affiche
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Meurs, monstre, meurs

Pourquoi un film aussi auteurisant, sec et radical porte-t-il ce titre aussi nanar ? C’est la première énigme du film. Mais voilà, Meurs, monstre, meurs est le titre original (Die, Monster, Die !) du Messager du diable (1965). Une série Z accablante avec un Boris Karloff littéralement sinistre, quatre ans avant sa mort, qui adapte de très loin la nouvelle La Couleur tombée du ciel de H. P. Lovecraft. Et alors ? Et alors, ce texte semble avoir fourni littéralement la matière de ce Meurs, monstre, meurs qui nous intéresse.

Sylvestre Picard
Douleur et Gloire - affiche
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Douleur et Gloire

Ce type aura 70 ans dans quelques mois. Le moment de se poser des questions, de regarder derrière soi comme on prend sa respiration. Le vingt-deuxième film de Pedro Almodóvar commence au fond de la piscine. En apnée. Tenir. Tenir. Tenir. Et enfin, tout laisser remonter à la surface. Être ou ne pas être Almodóvar, telle est la question. On ne le présente plus, avec sa bille de clown, ses cheveux en pétard, ses couleurs criardes, ses femmes en colère, en détresse, trop maquillées, trop belles, trop femmes, et les types flamboyants qui essaient de tenir l’écran face à elles.

Guillaume Bonnet
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Séduis-moi si tu peux

Le pitch évoque les comédies qu’usinaient Judd Apatow et ses disciples à la fin des années 2000 : un journaliste grande gueule et fumeur de joints (Seth Rogen) se retrouve à écrire les discours de la secrétaire d’État aux affaires étrangères, bien placée dans la course à la présidence, et qui se trouve accessoirement être son ancienne baby-sitter.

Frédéric Foubert
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Hard paint

Pedro fait des shows devant sa webcam pour des internautes avertis. Le corps enduit de peintures réagissant à la lumière bleue, il vivote de cet exhibitionnisme tarifé qu’il pratique pour survivre et donner un sens à sa vie, rendue compliquée par son exclusion de l’université pour des faits graves... Déjà dans Beira-Mar ou l’âge des premières fois, leur premier film, Marcio Reolon et Filipe Matzembacher auscultaient le mal-être de personnages adolescents en quête d’identité sexuelle et familiale.

Christophe Narbonne
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Passion

Ryusuke Hamaguchi est un cinéaste japonais de 40 ans tout rond. Il y a un peu plus d’un an, rares étaient les cinéphiles à connaître son nom. Puis il y a eu l’emprise de Senses, œuvre fleuve de cinq heures autour de quatre jeunes femmes dans la tourmente.

Thomas Baurez
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Permanent green light

L’image est neutre, tout comme les jeunes acteurs, impassibles et austères. Bressonien au sens le plus radical du terme, Permanent Green Light raconte le désenchantement de la génération Z (regroupant les jeunes nés à partir de 2000), agitée par des pulsions suicidaires qui se traduisent chez certains, comme ici, par des envies d’en finir sur le modèle des kamikazes islamistes. « Je voudrais que cette explosion et ce qu’elle laisse derrière elle soient si incroyables que les gens se diront, “merci à celui qui a fait ça, qui qu’il soit” » (sic), ânonne le héros blafard.

Christophe Narbonne
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Just Charlie

Charlie est un excellent joueur de foot, promis à un avenir radieux : devenir professionnel. Il est encouragé dans cette voie par son père qui n’a pas pu réaliser son rêve. Mais l’adolescent est en proie à une crise d’identité : il ne se reconnaît pas dans son corps de jeune homme. À l’image de Girlde Lukas Dhont, sorti l’an dernier, Just Charlie traite de la dysphorie de genre. Ici, la différence réside dans le fait que Charlie veut être une fille, mais qu’il continue à aimer faire des trucs de garçon.

Sophie Benamon
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Pokémon Détective Pikachu

Évidemment. À l’heure où les franchises règnent sur Hollywood, où les studios s’amusent à lancer des films dès qu’une appli cartonne ou qu’un dessin animé ronge le crâne des enfants, il devait bien arriver celui-là : Pikachu débarque dans un long-métrage cinéma. Alors autant rassurez d’emblée les inquiets. Vous n’aurez pas besoin d’avoir un tiroir plein de poké balls ou même d’avoir vu les 22 (VINGT-DEUX !) films Pokemon précédents pour prendre un peu de plaisir à cette drôle comédie noire hostée par Ryan Reynolds. 

Pierre Lunn
Hellboy 2019
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Hellboy

Mi-homme, mi-démon, Hellboy est né dans les comics de Mike Mignola avant de devenir un héros de cinéma. Incarné par Ron Perlman en 2004 et 2008 pour Guillermo del Toro, il revient sous les traits de David Harbour (le sympathique shérif de Stranger Things) devant la caméra de Neil Marshall, pour une version estampillée R-rated plus gore que les précédentes.

Elodie Bardinet
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Fugue

« Fugue » vaut ici à la fois pour « disparition » et pour « fugue dissociative », un trouble psychiatrique qui se matérialise par une amnésie totale et un changement de personnalité chez la personne atteinte. C’est le cas de l’héroïne, Alicja, une femme disparue depuis deux ans que sa famille retrouve à la faveur d’une émission de télévision où un appel à témoins a été lancé. Alicja retrouve ses parents, son mari et son fils qu’elle ne reconnaît pas. Commence un lent processus d’adaptation. Et si Alicja mentait ?

Christophe Narbonne
Le chant de la forêt - affiche
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Le chant de la forêt

Un homme, près d’une rivière, entame un dialogue avec l’esprit de son père défunt. C’est long. Très long. Interminable, à l’image de ce film, midocu mi-fiction (pourtant primé à Un certain regard en 2018), qui nous entraîne sur les pas d’Ihjãc, un chef en puissance qui refuse de devenir chaman et tombe sous la coupe d’un méchant perroquet. On a l’air de se moquer mais le film, tellement pétri de son importance, donne le bâton pour se faire battre – tout le monde ne s’appelle pas Jean Rouch, capable de faire de l’ethno-fiction sans paraître ampoulé et démonstratif.

Christophe Narbonne
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Petra

La caméra de Jaime Rosales investit les espaces comme un monstre froid, à l’aide de mouvements lents. Elle fait mine de s’intéresser aux êtres qui se déchirent dans le cadre, puis s’en va avant de revenir. Pour mieux enrober sa petite affaire, Rosales ponctue chaque bloc de film par des chapitres aux titres pompeux. Voici l’itinéraire de Petra, une jeune artiste qui se rend à la campagne chez Jaume, vieux sculpteur à succès et méchant homme.

Thomas Baurez
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Retour de flamme

Après le départ de son fils, un couple décide de se séparer, persuadé de ne plus s’aimer. « On savait que ça ne serait pas facile. On a dédié plus de vingt ans de notre vie à notre fils », résume le mari intello à son épouse, plus spontanée. Le début du film aligne les clichés : elle se met à aller en boîte, lui à jouer aux jeux vidéo avec son pote ; elle refume, il sort avec une jeunette... Peu inspiré, le réalisateur se contente de confronter ses personnages assis sur des canapés, débitant de grandes phrases définitives sur l’amour et la vie.

Christophe Narbonne
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Les météorites

Avec ce premier long métrage, Romain Laguna a choisi d’emprunter un chemin déjà largement défriché par le cinéma : le portrait d’une adolescente d’aujourd’hui à travers sa découverte de l’amour et de la sexualité. Cette jeune femme s’appelle Nina. Elle a 16 ans, a abandonné ses études et vit avec une mère très absente dans l’arrière-pays héraultais où elle travaille à l’accueil et l’entretien d’un musée-parc sur les dinosaures. Elle rêve d’aventures et cherche à élargir un quotidien finalement assez répétitif.

Thierry Chèze
Versus
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Versus

Représenter la violence au cinéma constitue une gageure. Dans ce premier long, la messe est dite dès la scène d’ouverture où un ado se fait tabasser dans un bus par une bande déchaînée. Réalisation ultra stylisée, montage péniblement haché, la séquence est irregardable mais pas pour les raisons que l’on croit. François Valla vient de tomber dans le piège dont il ne s’évadera jamais : surligner les choses, enchaîner les clichés, sembler se repaître de la violence qu’il dénonce.

Thierry Chèze
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Les crevettes pailletées

On attendait ces Crevettes pailletéesau tournant car il y avait un petit côté Grand Bainversion queer dont on se méfiait. Forcément, on pense beaucoup au film de Gilles Lellouche devant celui-ci, qui raconte comment un groupe d’homosexuels pas vraiment au sommet de sa forme va assumer ses différences et retrouver une raison de vivre en participant à une compétition de waterpolo.

Pierre Lunn
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Matar a Jesús

À Medellin, Lita, 22 ans, voit son père se faire tirer dessus par deux hommes à moto, ces sicarios qui terrorisent la population. Le hasard la remet en présence de l’assassin de son père. Entre désir de vengeance et compassion, la jeune femme va alors côtoyer pendant quelques jours les voyous des quartiers pauvres de Medellin... Pour son deuxième film, la réalisatrice Laura Mora a fait une oeuvre cathartique en racontant l’acte traumatisant dont elle a aussi été témoin dans son passé : l’assassinat de son père sous ses yeux.

Sophie Benamon
affiche le chant de la foret
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Le chant de la forêt

Un homme, près d’une rivière, entame un dialogue avec l’esprit de son père défunt. C’est long. Très long. Interminable, à l’image de ce film, midocu mi-fiction (pourtant primé à Un certain regard en 2018), qui nous entraîne sur les pas d’Ihjãc, un chef en puissance qui refuse de devenir chaman et tombe sous la coupe d’un méchant perroquet. On a l’air de se moquer mais le film, tellement pétri de son importance, donne le bâton pour se faire battre – tout le monde ne s’appelle pas Jean Rouch, capable de faire de l’ethno-fiction sans paraître ampoulé et démonstratif.

Christophe Narbonne
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Quand nous étions sorcières

Tourné en 1986 en Islande, monté et post-produit durant les trois années suivantes, projeté pour la première fois en 1990 à Los Angeles, ce film sort enfin en France. Dans l’intervalle, la réalisatrice est morte et une certaine Björk Guõmundsdóttir, alors âgée de 20 ans, est devenue une star mondiale de la pop et a décroché un prix d’interprétation à Cannes pour Dancer in the Dark... Björk est évidemment l’attraction principale de ce long où elle fait entendre sa voix cristalline.

Christophe Narbonne
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Lourdes

Après la danse (Relève : histoire d’une création) et un portrait de Rocco Siffredi, les très éclectiques Thierry Demaizière et Alban Teurlai posent leur caméra à Lourdes. On peut raconter ce haut lieu de pèlerinage catholique de mille manières : en se concentrant sur les prêtres ou les marchands du temple par exemple. Mais Demaizière et Teurlai ont choisi d’entrer dans l’intimité des pèlerins qui entreprennent le voyage. Et, une fois encore, les réalisateurs remportent la partie grâce à leur incroyable capacité – jamais larmoyante – d’écoute et de... confesseurs.

Thierry Chèze
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Astrid

Dans la seconde moitié du XXe siècle, Astrid Lindgren a renouvelé la littérature enfantine avec des héroïnes fortes, féministes avant l’heure, comme Fifi Brindacier. Avec ce portrait de la romancière, Pernille Fischer Christensen raconte une jeune femme libre, fille-mère assumée dans un monde ultra machiste, dont les combats lui inspireront ses personnages. Cette existence-là est-elle passionnante ? À coup sûr, oui. Méritait-elle un film ? Celui-là, non.

Thierry Chèze
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ultravoKal

Dès son premier plan, lent travelling sur un lac brumeux sur lequel flotte une tête de porc décapitée, UltravoKalaffiche sa violence décomplexée. Celle des corps de ces deux paumés en cavale qui s'entrechoquent et s'enlacent en attendant l'heure fatidique. Celle de ce tueur à gage mystérieux qui porte sur sa peau la lourde charge de ses méfaits. Le vrai problème du film de Christophe Karabache, plombé par son esthétique saturée, ses dialogue épars et sa caméra figée, réside dans son incapacité à pleinement communiquer la tension à laquelle il aspire.

Jean-Baptiste Tournié
Nous Finirons Ensemble affiche
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Nous finirons ensemble

L’exercice de la suite rappelle que le cinéma est au moins autant une industrie qu’un art. Dans 99,99 % des cas, on surfe sur un succès sans prendre le temps de creuser les situations et les personnages. L’unique mot d’ordre : battre le fer tant qu’il est encore chaud. À cette aune, Nous finirons ensembledétonne. D’abord, parce qu’on ne peut guère l’accuser de surfer sur une quelconque vague quand le carton des Petits Mouchoirsremonte à déjà neuf ans. C’est même une sacrée gageure que de se lancer dans une aventure où les protagonistes ont bien plus à perdre qu’à gagner.

Thierry Chèze
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68, mon père et les clous

Après avoir jeté des pavés dans les rues du Quartier latin en mai 1968, il en est devenu le quincaillier emblématique. Ce documentaire retrace par petites touches le parcours de Jean, ancien intellectuel maoïste devenu petit patron d’un magasin de bricolage. Dans 68, mon père et les clous, le réalisateur, son fils, cherche à comprendre pourquoi cet homme très cultivé, un temps assistant de Joris Ivens, et réalisateur de films, a soudain décidé de vendre des clous. Le regard est tendre, gentiment inquisiteur.

Sophie Benamon
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Coeurs ennemis

Cette adaptation d’un best-seller de Rhidian Brook (Dans la maison de l’autre) a un mérite : plonger dans l’Allemagne au sortir de la Seconde Guerre mondiale, contrôlée par les Alliés en charge de remettre ce pays sur pied. Un pan de l’histoire peu traité par le grand écran... mais que ce Cœurs ennemischoisit hélas de survoler, pour mieux se concentrer sur un énième et banal triangle amoureux : un officier anglais envoyé à Hambourg pour rebâtir la ville, sa femme et son amant, propriétaire allemand de la villa réquisitionnée dans laquelle ils ont emménagé.

Thierry Chèze
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Alice T.

Révélé en 2008 avec Boogie, Radu Muntean fait partie de la nouvelle vague roumaine qui rutile régulièrement dans les festivals internationaux. Alice T.a connu les rivages du lac Majeur de Locarno. On suit une ado rebelle qui épuise tous les gens autour d’elle (et bientôt le spectateur) : ses parents, ses profs, ses camarades... Radu Muntean n’hésite pas à charger la mule en ajoutant une grossesse et des racines familiales incertaines. Il y a bien aussi les cheveux rouges, mais comme disait le poète, on n’est pas sérieux... Bon, et puis quoi ?

Thomas Baurez
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Coming out

C’est un projet pétri de bonnes intentions mais dont la sortie en salles laisse quelque peu circonspect. Ce documentaire compile en un peu plus d’une heure les vidéos de jeunes gays du monde entier, lesbiennes, bi et trans, qui ont choisi de faire leur coming out sur internet. Certains sont accueillis avec empathie par leurs proches, d’autres suscitent incompréhension et rejet. Denis Parrot a le mérite de dresser un panorama assez large des différentes situations et de produire un instantané de notre époque forcément remuant.

Thierry Chèze
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Coming out

C’est un projet pétri de bonnes intentions mais dont la sortie en salles laisse quelque peu circonspect. Ce documentaire compile en un peu plus d’une heure les vidéos de jeunes gays du monde entier, lesbiennes, bi et trans, qui ont choisi de faire leur coming out sur internet. Certains sont accueillis avec empathie par leurs proches, d’autres suscitent incompréhension et rejet. Denis Parrot a le mérite de dresser un panorama assez large des différentes situations et de produire un instantané de notre époque forcément remuant.

Thierry Chèze
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Dieu existe, son nom est Petrunya

C’est un rite ancestral qui se déroule chaque année dans la petite ville de Stip, en Macédoine : un prêtre lance une croix de bois dans la rivière et les hommes plongent pour la récupérer. À la clé pour le vainqueur : bonheur et prospérité. Sauf que cette fois-ci, une jeune femme décide de s’inviter à la fête. Et surtout, de remporter le trophée et de le conserver précieusement malgré les pressions. Inspiré d’une histoire vraie, ce film aborde le combat éternel entre tradition et modernité, dont les femmes sont souvent les premières victimes collatérales.

Thierry Chèze
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Duelles

Après Illégal, remarquable film sur les sans-papiers, Olivier Masset-Depasse change radicalement de registre pour son deuxième long métrage. À la réalisation naturaliste d’une œuvre sociale et politique, succède un thriller psychologique à la mise en scène ultra stylisée et ultra référencée, entre Hitchcock (pour le sujet) et Douglas Sirk (pour ce Technicolor aux couleurs chaudes choisi pour figurer les années 60 où se déroule l’action).

Thierry Chèze