GALERIE
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Dawson City: Le temps suspendu

En 1978, le conducteur d’une pelleteuse a fait une singulière découverte sur le chantier d’un centre de loisirs de la petite ville canadienne de Dawson City, située à 560 kilomètres au sud du cercle polaire arctique. Plud de 500 boîtes contenant des bobines de films, pour certaines datant quasiment du temps de l’invention du cinéma, miraculeusement conservées sous une patinoire.

Thierry Chèze
GALERIE
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Le défi du champion

Au fil de ses exploits, dimanche après dimanche, Christian a mis Rome – en tout cas les supporters de l’AS Roma – à ses pieds. Sauf que son génie footballistique lui est monté à la tête. Et son côté rebelle qui a fait de lui une star sur le terrain va lui valoir un carton rouge hors des stades. Lassé de ses frasques, son président lui met alors un marché en main : reprendre les cours et décrocher son bac avec l’aide d’un prof sous peine sinon de ne plus être aligné.

Thierry Chèze
L'infirmière
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L'Infirmière

Auteur des magnifiques Au revoir l’été et Harmonium dont on attend avec impatience Suis- moi je te fuis, fuis- moi je te suis (qui a décroché le Label Cannes 2020), le japonais Kôji Fukada propose ici un singulier portrait de femme. Elle s’appelle Ichiko, s’occupe de personnes âgées à domicile et s’apprête à se marier. Bref une vie heureuse et accomplie jusqu’au jour où tout brusquement bascule. La petite fille d’une de ses patientes disparaît et Ichiko reconnaît le visage de son ravisseur présumé : son propre neveu.

Thierry Chèze
Just Kids affiche
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Just kids

Cela fait déjà 12 ans qu’on voit grandir à l’écran Kacey Mottet- Klein, au fil d’une douzaine de films sans fausse note. Just kids confirme ce talent tant dans ses choix que dans la manière puissante de donner vie à l’écran à ses personnages. Souvent des êtes abimés par la vie mais refusant de renoncer face aux obstacles. Comme ici Jack qui, à 19 ans, se voit confier la garde de son petit frère après la mort de leurs parents. Comment assumer une responsabilité d’adulte quand on a encore plein d’idées de sales gosses dans la tête ?

Thierry Chèze
GALERIE
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White riot

Les images du climax de ce documentaire sont bien connues des amateurs de punk en général et des spectateurs du film Rude Boy en particulier : The Clash éructant son hymne White Riot, en avril 1978, à Victoria Park, devant près de 100 000 personnes.

Frédéric Foubert
3 Eva en août

C’est un film qui se vit comme un puzzle au fil d’une première quinzaine d’août, dans les rues madrilènes. Le portrait, pièce après pièce, de son héroïne, comme perdue à l’intérieur d’elle- même, dont on va - au fil des rencontres qu’elle va faire et des confidences qu’elle couche dans son journal intime - déceler les raisons de cette mélancolie joyeuse qui semble l’habiter. Elle s’appelle Eva. Elle a 33 ans et a décidé de passer ses vacances à Madrid, que ses amis ont abandonné le temps de l’été.

Thierry Chèze
Greenland
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Greenland- Le dernier refuge

Dans un été déserté par les blockbusters, la sortie en salles de Greenland- Le dernier refuge fait figure d’exception. Un film catastrophe avec ce qu’il faut d’effets spéciaux, d’action, de course contre la mort… on en avait presque perdu la saveur. Ici, c’est une comète qui est sur le point de s’écraser sur notre bonne vieille Terre en menaçant de l’engloutir.

Thierry Chèze
GALERIE
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THE CLIMB

Ce fut l’une des belles surprises de ce Festival de Cannes 2019 qui restera décidément un millésime d’exception. Pourtant, sur le papier, ce premier long métrage américain avait tout du parfait petit fayot qui cochait deux cases, rendant sa sélection inévitable. Il s’ouvre sur les pentes du col de Vence, non loin de Cannes, ce qui en fait de facto une sorte de régional de l’étape. Ses deux personnages principaux s’emploient à les gravir à vélo, péché mignon du patron de la sélection, Thierry Frémaux !

Thierry Chèze
Terrible jungle (2020)
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TERRIBLE JUNGLE

Jeune chercheur étouffé par une mère possessive, Eliott décide, pour s’en libérer, de partir étudier un peuple mystérieux d’Amazonie appelé les Otopis. Sauf que cette mère, inquiète pour ce fils qu’elle juge inapte à évoluer dans ces terres hostiles, décide de partir à sa recherche au cœur de la forêt amazonienne.

Thierry Chèze
AFFICHE
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HOTEL BY THE RIVER

Le Sud-coréen Hong Sangsoo tourne sans s’arrêter. Du coup, lorsque vous regardez alors qu’il vient tout de juste de présenter en compétition à la Berlinale The Woman Who Ran, voilà que déboule dans les salles un « petit » film de derrière les fagots (du festival de Locarno en l’occurrence !). On peut enlever les guillemets car oui, c’est un petit HSS qui se ronronne un peu. Dans un hôtel, un père un peu largué attend la venue de ses deux fils. Il y a aussi une jeune femme qui va aussi se retrouver seule au bar. On boit, on mange, on discute, tout ça nimbé d’un beau noir et blanc.

Thomas Baurez
AFFICHE
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L’OISEAU DE PARADIS

À Tahiti, Tevi, jeune assistant d’un député, dragueur et inconséquent, est chargé de veiller sur Yasmina, sa cousine maorie qui semble dotée de pouvoirs mystiques (elle serait maudite d’après sa famille). Entre magouilles politico-immobilières, drame familial, faits divers et légendes océaniques, on se balade d’une ambiance à l’autre et on se perd un peu en chemin.

Sylvestre Picard
2 THE VIGIL

Découvert à Gérardmer, ce premier long nous entraîne à Brooklyn le temps d’une nuit angoissante. A court d’argent, son héros accepte d’assurer la veillée funèbre d’un membre de la communauté juive orthodoxe qu’il vient de quitter et va se retrouver aux prises à des phénomènes surnaturels.

Thierry Chèze
2 T'AS PÉCHO ?

Pour “pécho” une fille, Arthur ne trouve rien de mieux que de lui demander des cours de séduction moyennant finance. Ce pitch vous dit quelque chose ? C’est grosso modo celui -inversé- de la série Sex Education dans laquelle le héros, Otis, dispense ses conseils en sexologie aux lycéens de son bahut. Le premier film d’Adeline Picault pousse la comparaison jusqu’à introduire un personnage secrètement gay (loin tout de même de l’excentrique Eric dans la série de Laurie Nunn) et amoureux de son meilleur ami.

Christophe Narbonne
2 BLANCHE NEIGE, LES SOULIERS ROUGES ET LES SEPT NAINS

Des princes transformés en nains après qu’on leur a jetés un sort viennent au secours d’une princesse, jeune fille potelée transformée en une beauté craquante par ses souliers rouges… Animateur coréen passant pour la première fois à la réalisation, Sungho Hong revisite ici le conte de Blanche-Neige en s’amusant de l’obsession du paraître.

Thierry Chèze
2 DREAMS

Voir un film d’animation venu du Danemark n’est pas si courant. Storyboarder aguerri, formé par Disney, le réalisateur Kim Hagen Jensen propose avec Dreams un conte initiatique sur les difficultés à vivre la famille recomposée. Son héroïne, Minna, bouleversée par l’arrivée de sa demi-sœur, va découvrir qu’elle peut changer la réalité en interférant dans les rêves. Ce pitch à mi-chemin entre Coraline et Inception est assez prometteur, mais le résultat est plus conformiste.

Sophie Benamon
3 TIJUANA BIBLE

On connaît Jean-Charles Hue pour ses deux magnifiques longs métrages au cœur de la communauté yéniche, La BM du Seigneur et Mange tes morts : Tu ne diras point. Mais on sait moins que depuis plus de 15 ans, il s’est pris de passion pour Tijuana, ville mexicaine située à la frontière américaine, où il se rend quasiment une fois par an et qui lui a déjà inspiré plus d’une demi-douzaine de courts métrages documentaires.

Thierry Chèze
GALERIE
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ABOU LEILA

« Algérie, 1994 », écrit en lettres rouge sang sur fond noir. L’action d’Abou Leila se passe en pleine guerre civile, dans un pays plongé dans une violence sourde et aveugle. Au mitan des années 90, le réalisateur Amin Sidi-Boumédiène n’était alors qu’un adolescent perdu et angoissé au milieu d’une société qui implosait. C’est ainsi qu’il s’est présenté lors du dernier Festival de Cannes où son premier film était projeté.

Thomas Baurez
La Nuit venue affiche 15 juillet
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LA NUIT VENUE

Paris, la nuit est un cliché cinéphile. Il n’est bien sûr pas interdit de se plonger dedans à défaut de s’y vautrer à pieds joints. Frédéric Farrucci, dont c’est le premier long métrage, évite la redondance en s’intéressant à des personnages inédits dans le cinéma français. Soit ici, Jin, un chauffeur de VTC d’origine chinoise, pris au piège d’un réseau mafieux qui scrute ses moindres faits et gestes au volant de sa voiture et lui interdit toute errance.

Thomas Baurez
affiche Divorce Club
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DIVORCE CLUB

En janvier à l’Alpe d’Huez, Grand Prix du festival à la main, Michaël Youn prenait visiblement une revanche sur ceux qui ne l’avaient jamais pris au sérieux comme réalisateur. Éternel Fatal Bazooka pour les uns ou réveille-matin régressif pour les autres, il avait pourtant (agréablement) surpris en passant derrière la caméra avec Fatal puis Vive la France, mais on l’a bien vite oublié.

Nicolas Bellet
4 LE SEL DES LARMES

Dans le cinéma de Philippe Garrel, quelque chose échappe au temps qui passe. Le noir et blanc sur celluloïd détache le réel des impératifs de son décor. Le Paris Nouvelle Vague résiste aux assauts du contemporain. Les portes des appartements, les rampes d’escalier, les entrées d’immeuble, les bouts de zinc n’ont pas bougé. Chaque plan, dépouillé du superflu, semble, comme chez Bresson, arraché au monde. Auteur romantique – assurément le plus grand en activité –, Garrel interroge les âmes, sonde les rapports entre les êtres, questionne le sentiment amoureux.

Thomas Baurez
Beloved affiche
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BELOVED

Le cinéaste israélien Yaron Shani est apparu lors du Festival de Cannes 2009, avec Ajami, coréalisé avec Scandar Copti. Présenté à la Quinzaine des Réalisateurs il avait obtenu la Caméra d’or. La structure du film plutôt complexe voyait se télescoper le destin de plusieurs personnages dans un quartier cosmopolite de Jaffa. Shani et Copti arrivaient avec assurance à tenir ce canevas qui se serait complétement défait entre les mains de n’importe quel autre apprenti cinéaste.

Thomas Baurez
AFFICHE
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LES MEILLEURES INTENTIONS

Ana García Blaya évoque ses parents divorcés dans l’Argentine en crise des années 90 : une mère responsable et grave (et en couple), un père inconséquent et amusant (qui vivote en vendant des disques dans le magasin d’un pote). Quand sa mère, en accord avec son nouveau compagnon, décide de s’installer au Paraguay pour mener une vie meilleure, les trois enfants, sous l’impulsion de l’héroïne, choisissent de rester avec leur père. Pour renforcer le sentiment de proximité et d’immersion, la réalisatrice glisse dans son récit de vraies images vidéo tournées par son père à l’époque.

Christophe Narbonne
Felicita affiche
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FELICITÀ

L’ouverture de Felicità donne le la. Tim et Chloé y font face à leur fille Tommy. L’instant semble grave. Les deux parents ont une révélation à faire : et si Tommy avait été adoptée… Sauf que non. Ce n’était qu’un jeu. Un apprentissage à vitesse V de la vie selon ces parents vraiment pas comme les autres. Avec cette idée force qu’il n’y a pas d’âge, ni pour s’amuser ni pour se méfier de ce qu’on vous présente, même avec gravité comme une certitude. Felicita démarre donc sur des chapeaux de roue mais tient bon la barre.

Thierry Chèze
1 LA VOIX DU SUCCÈS

Univers de la musique et comédie romantique font souvent bon ménage. Et c’est dans cette heureuse lignée que s’inscrit l’histoire de cette assistante d’une chanteuse star qui rêve de devenir productrice et va s’y atteler en cachette après avoir craqué pour un jeune artiste.

Thierry Chèze
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MON NINJA ET MOI

Dissipons de suite un malentendu : malgré ses faux airs de Toy Story au rabais, Mon Ninja et moi n’est pas un sous-Pixar, une pâle copie imaginée pour soutirer un peu de cash aux fans de Woody et Buzz. S’il partage une certaine vision du cinéma avec la firme d’Emeryville, le dernier rejeton en date de l’animation danoise se distingue en s’aventurant sur des terres où le studio américain n’oserait pas poser un pied.

François Léger
AFFICHE
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EXIT

De Buried à Tunnel, pas une année ou presque ne se passe sans qu’un survival claustro ne déboule sur les écrans. Rasmus Kloster Bro s’y aventure à son tour avec son premier long où une journaliste se retrouve bloquée dans un sas de décompression après un accident dans le chantier du métro de Copenhague. Il y fait preuve d’un indéniable sens du suspense. Mais, son parti pris d’injecter une réflexion sociétale dans ce huis-clos convainc nettement moins.

Thierry Chèze
Eté 85 affiche
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ÉTÉ 85

Il est des livres qui marquent une adolescence. La danse du coucou d’Aidan Chambers a bouleversé celle de François Ozon. Un garçon de 16 ans a commis un délit ; il doit comparaître devant un juge. Nous sont alors livrées, à la première personne, les pensées, les remords qui racontent son histoire d’amour avec un jeune homme qui l’a sauvé d’un naufrage. Avec Eté 85, Ozon livre une adaptation assez fidèle de ce roman initiatique.

Sophie Benamon
3 SAPPHIRE CRYSTAL

En 2010 avec Pandore, Virgil Vernier avait posé sa caméra devant l’entrée d’une boîte de nuit parisienne. Là, il est à l’intérieur. A Genève. Vernier saisit des instants arrachés au réel. La mise en scène est invisible. Quelques jeunes friqués exhibent des bouteilles et parlent d’argent. Les voilà bientôt dans la villa de l’un d’eux. Re-Champagne, cocaïne et anecdote peu ragoûtante sur comment « pimenter » ses spaghettis. Et puis, il y a cette virée nocturne dans les rues de Genève.

Thomas Baurez
3 Celles qui chantent

Quatre court-métrages issus de la 3e scène célébrant le chant féminin, donnant à voir et à entendre la puissance des divas, à travers notamment le travail de deux pointures du septième art  : Sergei Loznitsa et Jafar Panahi

Thomas Baurez
Chained affiche
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Chained

Avec le diptyque Chained/ Beloved autour d’un couple en crise, l’israélien Yaron Shani signe un drame intime passionnant où les points de vue se répondent pour mieux rendre compte de la complexité des sentiments.

Thomas Baurez