DR

Avec Braqueurs, récit rugueux d’une guerre des gangs, Julien Leclercq réussit l’un des meilleurs polars français vus récemment. Nous lui avons soumis cinq films susceptibles de l’avoir influencé.
 

Heat (Michael Mann, 1995)

DR

« C’est l’un des films de ma vie, découvert quand j’étais adolescent. A l’instar de Michael Mann, je voulais qu’on soit en immersion avec les personnages. Cela passe par beaucoup de choses, notamment par le son. Quand tu regardes Heat, tu te dis que c’est le truc en plus : le bruit des balles, des culasses, etc. J’ai donc décidé de dépenser quelques milliers de dollars pour acheter les sons des kalach’ de Heat. Cela n’a l’air de rien, mais les gens sont sensibles à ce genre de détails. Les premiers spectateurs m’en ont d’ailleurs parlé. »

La nuit nous appartient (James Gray, 2007)

DR

« J’avais avant tout l’envie de faire un film familial sur fond de polar. La référence en la matière, c’est le cinéma de James Gray. J’aime sa façon d’amener quelque chose d’intime et de sensoriel dans les scènes d’action, comme dans la fabuleuse course-poursuite en voitures où Joaquin Phoenix essaie de sauver son père pris en chasse sans le savoir par des tueurs. J’ai essayé d’instiller la même chose dans quelques scènes où Sami Bouajila doit gérer l’adrénaline et la protection des siens ».

Boyz N the Hood (John Singleton, 1991)

DR

« J’ai demandé à Simon Moutaïrou, mon coscénariste, quel était le rappeur français crédible du moment : il m’a répondu Kaaris. Je lui ai fait passer des essais qu’il a réussis haut la main. Il a apporté au projet son authenticité et ses codes. En tant que « député-maire » de Sevran (où le film a été tourné), il a ensuite fédéré le quartier derrière nous ! J’ai l’intuition que John Singleton avait eu la même approche en prenant Ice Cube qui dégageait, à l’époque, quelque chose correspondant exactement à l’ADN de Boyz N the Hood. »

Gomorra (Matteo Garrone, 2008)

DR

« Au moment du tournage, à Sevran, Canal+ diffusait Gomorra, la série. Les mecs dans les cités étaient comme des fous. Parfois, j’en amenais quelques uns derrière le combo pour leur montrer des séquences qu’on avait tournées et ils étaient contents. J’ai l’impression que depuis La Haine et Ma 6-T va crack-er, les gamins de banlieue ne se retrouvent pas dans les films censés les représenter. Braqueurs n’a rien à voir, le propos n’est pas le même, mais il retranscrit, j’espère, la réalité de ces jeunes ».

Mesrine (Jean-François Richet, 2008)

DR

« Mesrine est une référence incontournable. Comme moi, Richet a dû subir l’influence de la vague nordique des années 2000. Les Pusher, les Millenium… Ils ont donné une couleur nouvelle au cinéma de genre, mélange de noirceur extrême et d’intensité. Je n’oublie pas l’apport de Paul Greengrass qui, avec la série des Jason Bourne, a redessiné les contours du polar. Le public est désormais trop éduqué pour regarder des flics fumer des Gitanes maïs et conduire des bagnoles à 300 000 euros… »

Braqueurs de Julien Leclercq avec Sami Bouajila, Guillaume Gouix, Kaaris sort en salles le 4 mai.